Toronto: le motif du tireur de l’avenue Danforth demeure nébuleux

TORONTO — L’homme qui avait ouvert le feu dans le quartier grec de Toronto il y a près d’un an était fasciné par la mort et la violence, avait des antécédents de problèmes de santé mentale et s’était infligé des blessures à plusieurs reprises, a déclaré la police vendredi.

Mais après près d’un an d’enquête sur la fusillade survenue sur l’avenue Danforth, les enquêteurs n’ont pas pu déterminer quel était le motif de Faisal Hussain, qui s’est enlevé la vie après l’attaque.

L’homme n’avait pas de dossier criminel, il n’y a pas de preuve selon laquelle il se serait radicalisé et la police n’a trouvé aucune affiliation avec des groupes haineux ou terroristes.

Le chef de la police de Toronto, Mark Saunders, a affirmé qu’on ne saura peut-être jamais pourquoi l’individu a posé son geste.

Le 22 juillet 2018, le tireur avait tué une fillette de 10 ans, Julianna Kozis, ainsi qu’une jeune femme de 18 ans, Reese Fallon, et avait blessé 13 autres personnes.

Les détails de l’enquête policière, qui se trouvent dans un rapport publié vendredi, ont révélé le portrait d’un individu profondément troublé qui souffrait depuis des années de problèmes de santé mentale.

Des problèmes à l’école

Des problèmes sont apparus lorsqu’il était en quatrième année, en 1998, alors qu’il avait de la difficulté à fonctionner en classe. Une évaluation avait conclu qu’il avait «des problèmes de comportement» et des déficiences intellectuelles et avait recommandé de lui offrir plus de ressources pour gérer son comportement, selon le rapport.

De la quatrième à la sixième année, le garçon parlait «avec enthousiasme d’organisations criminelles et d’armes», selon des employés de l’école.

«Il ne fonctionnait pas bien dans la classe et semblait fasciné par les meurtres, la violence et la mort», indique le rapport de la police.

En mai 2010 — l’année où il a reçu son diplôme de l’école secondaire à 21 ans — M. Hussain avait été hospitalisé parce qu’il s’était coupé le visage en pleine classe. Trois semaines plus tard, il se serait à nouveau coupé au visage, cette fois-ci avec un taille-crayon.

Sa famille croyait que son comportement visait à «attirer l’attention», selon la police.

Deux semaines plus tard, la police a transporté M. Hussain à l’hôpital après qu’il eut pris le couteau à steak d’un enseignant, qu’il n’avait pas voulu rendre. On lui avait diagnostiqué un trouble de la personnalité antisocial. Il a dit au médecin qu’il avait des antécédents de violence, et qu’il avait notamment torturé et tué des animaux.

Les problèmes de l’individu se sont poursuivis après son départ de l’école.

Le 15 février 2012, il avait appelé la police depuis un parc et avait menacé de se tuer avec un couteau. La police l’avait trouvé avec le couteau et des coupures au visage. M. Hussain disait se couper pour se «soulager», selon les notes de sa visite à l’hôpital.

Rien d’anormal la journée du drame

Le jour de l’attaque sur l’avenue Danforth, l’individu s’était présenté une heure en retard au travail, ce qui n’était pas anormal. Il avait quitté environ trois heures plus tard, vers 15 h, et s’était rendu à l’appartement où il vivait avec ses parents.

Sa famille dit lui avoir parlé ce jour-là de son avenir et lui avoir conseillé «de se trouver une femme». Cette conversation l’avait contrarié, selon sa famille.

Mais en général, il n’y avait rien d’exceptionnel dans le comportement de M. Hussain ce jour-là, selon le sergent-détective Terry Browne.

«Il n’y a rien qui nous a été rapporté par quelqu’un qui nous suggère qu’il était en crise ce jour-là», a-t-il indiqué.

Peu après 21 h, M. Hussain a quitté la maison pour se rendre dans le quartier grec où il a ouvert le feu sur des gens dans la rue, sur des terrasses et dans des restaurants.

Après l’attaque, la police avait trouvé chez lui une cache de munitions avec de l’héroïne et d’autres drogues, mais aucune arme à feu n’avait été découverte. Le fusil qu’il a utilisé dans l’attaque avait été volé dans un magasin d’armes de la Saskatchewan en 2016, mais la police ne sait pas pourquoi il s’est retrouvé entre ses mains.