Toronto: un ado poursuit son ancien collège pour une agression sexuelle alléguée

TORONTO — Un jeune Torontois intente une action en justice contre son ancien collège privé, affirmant que l’établissement réservé aux garçons n’a pas réussi à assurer sa sécurité dans la foulée d’une agression sexuelle qui serait survenue sur le campus l’an dernier.

L’adolescent et sa famille ont déposé une requête pour une poursuite de 1,65 million $ contre le collège St. Michael’s, les pères basiliens qui le dirigent, son conseil d’administration, trois anciens élèves ainsi que des entraîneurs et des administrateurs, la semaine dernière, devant la Cour supérieure de l’Ontario.

Le tribunal a accordé à l’adolescent et à sa famille la possibilité de faire ces démarches sans être identifiés dans les documents judiciaires.

En entrevue avec La Presse canadienne, l’avocat de l’adolescent a insisté sur la «nature épouvantable» de ce qui est arrivé à son client.

«Il a énormément souffert au cours de la dernière année. Non seulement il a dû subir le traumatisme d’être agressé; il a ensuite été nargué puis intimidé lorsque ça a été dévoilé publiquement», a déclaré Me Iain MacKinnon.

Les allégations n’ont pas subi l’épreuve des tribunaux et les personnes nommées dans l’action en justice n’y ont pas encore réagi. Le collège St. Michael’s a refusé d’émettre un commentaire et il n’a pas été possible de joindre les pères basiliens lundi.

La police de Toronto avait ouvert une enquête l’année dernière sur de nombreuses allégations d’agression sexuelle et de voie de fait dans cette prestigieuse école catholique. Des accusations ont finalement été portées contre sept étudiants.

Cette affaire a fait les manchettes internationales et alimenté les débats partout au pays sur l’intimidation et les pratiques d’initiation qui vont trop loin.

Le mois dernier, trois adolescents ont plaidé coupables à un chef d’accusation d’agression sexuelle armée et d’agression armée — l’arme étant un balai. L’un d’eux a également plaidé coupable à une accusation de production de pornographie juvénile pour avoir filmé les événements sur son téléphone portable. L’audience de détermination de la peine du trio est prévue cette semaine.

Les accusations portées contre un autre élève ont été abandonnées cet été. Les causes de deux autres élèves ont abouti, mais leur issue n’a pas été révélée en raison de dispositions de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents.

Le dernier adolescent faisant l’objet de poursuites devrait subir son procès l’année prochaine.

La procédure civile engagée la semaine dernière marque la première fois que l’une des présumées victimes décrit son calvaire.