Toronto: un policier accusé pour un stratagème avec l’industrie du remorquage

TORONTO — Un policier de Toronto arrêté la semaine dernière pour le vol d’une radio de police a été lié à un stratagème illégal au sein de l’industrie du remorquage.

Onze individus, dont l’agent Ronald Joseph, font face à une cinquantaine d’accusations dans le cadre d’une enquête sur la corruption et le crime organisé, a annoncé lundi le service de police de Toronto.

Les autres accusés, tous des résidants de l’Ontario âgés de 21 à 50 ans, travaillent pour diverses entreprises de remorquage.

Le surintendant Domenic Sinopoli a déclaré qu’il est «préoccupant» que des radios de police soient utilisées de manière illégitime et qu’un officier serait de mèche avec une industrie «où la corruption est monnaie courante».

«Ce que ça veut dire, c’est qu’il y a certains individus qui profitent du système et des opportunités qui leur sont offertes pour leurs intérêts financiers», a-t-il ajouté.

Les enquêteurs expliquent qu’une radio de police avait été volée et répliquée, puis qu’une copie avait été restituée à la police.

La radio était selon eux employée pour intercepter les transmissions cryptées de la police et prendre plus rapidement connaissance des accidents de la route. Les informations auraient été relayées aux conducteurs de dépanneuses en échange d’une redevance mensuelle.

La radio volée a été découverte au début du mois de mai lorsqu’un des accusés, un homme de la ville de Barrie, a été arrêté sur l’autoroute 400 pour conduite dangereuse, relate le surintendant Sinopoli.

Le groupe derrière ce stratagème aurait également mis la main sur deux autres radios, et les policiers croient que les trois appareils ont été dérobés entre les mois de février 2018 et de décembre 2019.

Ronald Joseph aurait accepté des pots-de-vin pour transmettre des informations sur le lieu des collisions, indique M. Sinopoli.

L’agent âgé de 47 ans possédait également une agence de location de voitures vers laquelle l’industrie du remorquage redirigeait des clients. Il était également propriétaire de deux dépanneuses exploitées par des membres du groupe, selon le surintendant.

Ronald Joseph a d’abord été arrêté le 15 juin et accusé d’un chef d’abus de confiance et d’un chef de vol d’une valeur de plus de 5000 $ en lien avec la radio subtilisée.

On lui a de nouveau mis la main au collet trois jours plus tard, après que la police eut perquisitionné cinq résidences et sept emplacements commerciaux dans la région de Toronto et dans le sud et le nord de l’Ontario.

La police a saisi six dépanneuses dans le cadre de ces fouilles, et Ronald Joseph fait maintenant face à une dizaine d’accusations supplémentaires, dont trois autres chefs d’abus de confiance, deux de commissions secrètes et un de possession d’un dispositif pour intercepter des communications privées.

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