Tout le drame de Martin Carpentier et ses fillettes s’est joué en 12 heures

MONTRÉAL — Martin Carpentier a tué ses deux fillettes Norah et Romy, et sa fuite n’a finalement duré qu’une douzaine d’heures, même si son corps n’a été retrouvé que 12 jours plus tard, a confirmé mercredi la Sûreté du Québec (SQ).

Au lever du jour, le 9 juillet dernier, tout était déjà terminé, a indiqué l’inspecteur-chef de la SQ, Guy Lapointe.

Il a tenu une conférence de presse mercredi à Montréal pour faire le point sur l’enquête et les recherches qui ont tenu le Québec en haleine pendant près de deux semaines.

Les deux fillettes et leur père étaient donc morts, avant même que ne soit déclenchée l’alerte Amber.

Lundi soir dernier, un corps a été retrouvé dans un boisé dense à Saint-Apollinaire et la SQ a confirmé mercredi qu’il s’agit bien de celui de Martin Carpentier, qui a été recherché pendant des jours.

Romy, âgée de 6 ans, et Norah, âgée de 11 ans, avaient auparavant été retrouvées mortes dans un boisé, près l’une de l’autre, le 11 juillet.

«Pour nous, c’est là que l’irréparable a été commis», a déclaré M. Lapointe ajoutant qu’il est clair pour les policiers qu’il s’agit d’un double meurtre.

La découverte lundi du cadavre de Martin Carpentier a mis fin à l’enquête criminelle, a dit M. Lapointe, puisque les policiers considèrent que personne d’autre n’est impliqué dans cette tragédie.

La SQ a révélé mercredi que l’embardée de leur voiture sur l’autoroute 20, le soir du 8 juillet, n’était pas intentionnelle — la reconstitution de la scène de l’accident a même permis de déterminer que Carpentier a tenté de reprendre le contrôle du véhicule, sans succès.

Mais Guy Lapointe a qualifié ce moment de «point de bascule» où s’est amorcé le «comportement hors norme» de Carpentier.

L’enquête démontre qu’après l’embardée, Martin Carpentier a pris la fuite en forêt et c’est à ce moment qu’il est entré dans la dépendance d’une roulotte se trouvant à 1,7 kilomètre des lieux de l’accident. Les deux fillettes étaient encore avec lui à ce moment.

Dans les heures suivantes, elles ont été assassinées avec un objet contondant. Les fillettes ont été blessées lors de l’accident de voiture mais ce n’est pas la cause de leur décès, a précisé M. Lapointe.

Plus loin, Martin Carpentier s’est enlevé la vie, à environ 5,5 kilomètres de l’accident.

Jusqu’à l’embardée sur l’autoroute, il n’y avait aucune raison de s’inquiéter puisque tout était normal jusque-là, Martin Carpentier faisant ce qu’il avait dit qu’il ferait, incluant aller chercher une crème glacée pour les enfants, a indiqué l’inspecteur-chef. Un cornet a été retrouvé dans le véhicule.

La SQ refuse de spéculer sur ce qui a mené l’homme de 44 ans à agir de cette façon, et ne voulait pas discuter de son état d’esprit ni de ses motifs.

«Parce qu’il est décédé, il y a des choses qu’on ne saura jamais réellement», a dit l’inspecteur-chef.

La SQ estime avoir fait «tout ce qui pouvait être fait», mais reconnaît qu’elle ne peut être satisfaite du dénouement puisque trois personnes sont décédées.

L’inspecteur-chef a énuméré tout ce qui a été entrepris pour retrouver les fillettes et leur père: plus de 1000 informations reçues et traitées par les enquêteurs — dont l’obtention de vidéos de caméras de surveillance et des rencontres avec des témoins —, la visite de 720 propriétés, des recherches sur le terrain par des marcheurs, des maîtres-chiens, des quadistes, un hélicoptère, un avion avec un détecteur de chaleur et des drones.

La propriété derrière laquelle le corps de Martin Carpentier a été retrouvé a été visitée deux fois par les policiers et son propriétaire a été rencontré: il n’avait rien remarqué. Le corps n’était pas visible de la maison, a expliqué M. Lapointe.

Cet endroit était à l’extérieur du périmètre de recherche établi pour les marcheurs et les chiens, mais à l’intérieur de celui déterminé pour les quadistes et l’avion. Les trois étaient déjà morts quand l’avion a commencé à survoler le secteur, rendant son détecteur de chaleur inutile.

La SQ s’est défendue d’avoir tardé à déclencher l’alerte Amber. D’abord, après discussion avec la famille, rien ne portait à croire que Martin Carpentier était un danger pour ses enfants: il n’y avait pas de crainte d’enlèvement. Et puis, des recherches ont été menées le soir même de l’accident de voiture, ainsi que des vérifications auprès des hôpitaux, des taxis et des services d’Uber, même sans alerte, a ajouté l’inspecteur-chef.

L’enquête criminelle étant terminée, le dossier a été remis au coroner.

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