Tramway de Québec: Legault reproche à Régis Labeaume son manque d’ouverture

QUÉBEC — Le torchon brûle entre le premier ministre François Legault et le maire de Québec, Régis Labeaume.

Au coeur de la dispute se trouve le projet de tramway: de l’avis de M. Legault, le tracé actuel proposé par la Ville de Québec ne dessert pas assez bien les banlieues.

Le ton a encore monté d’un cran jeudi, alors que M. Legault a passé une bonne partie de son point de presse à reprocher à M. Labeaume son manque d’ouverture.

Le premier ministre a même annoncé que son gouvernement allait «éventuellement» soumettre à la Ville de Québec un autre tracé de son cru.

Il a reconnu qu’un tracé à la sauce caquiste pourrait nécessiter un nouvel examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), et a ouvert la porte à une révision du budget.

Mais il a de nouveau refusé de préciser quels secteurs de la ville devraient être mieux desservis, selon lui.

Le débat sur un tramway s’étire depuis plus de 10 ans dans la Vieille-Capitale. Québec est une des seules grandes villes au Canada à ne pas avoir de réseau de transport collectif structurant.

Le tramway retarde le 3e lien, dit Legault

Par ailleurs, François Legault a réitéré son engagement de débuter la construction du troisième lien routier entre Québec et Lévis avant les prochaines élections générales de 2022.

Il a déclaré que l’actuel projet de tramway, qu’il juge insatisfaisant, était ce qui retardait l’annonce détaillée du troisième lien, car les deux projets vont de pair. 

«Régis Labeaume n’est pas ouvert à aucun changement, a-t-il martelé. Ce qu’on a décidé, c’est qu’on va travailler un projet qui, selon nous, répond mieux aux besoins des banlieues de Québec. 

«On va le présenter éventuellement à Régis Labeaume. (…) Moi, j’ai confiance qu’il va finir par être ouvert à des changements pour mieux desservir les banlieues.»

Le maire Labeaume, qui a choisi de ne pas commenter ce dernier revirement, avait récemment déclaré dans les médias que jamais le gouvernement Legault ne lui avait proposé de changements. 

Il estimait le retard à six mois, ce qui correspond, selon les chiffres du vérificateur général de la Ville de Québec, à un coût supplémentaire de 50 millions $.

Jeudi, M. Legault s’est en outre défendu de s’ingérer dans les affaires municipales, disant avoir une «responsabilité» envers les citoyens.

«N’oublions pas que le gouvernement du Québec finance quand même 1,8 milliard $. Je pense qu’on doit s’assurer que les projets desservent bien les résidants des différentes régions», a-t-il ajouté.

Legault paternaliste?

Plus tôt en point de presse, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, avait qualifié l’attitude du premier ministre à l’égard de la Ville de Québec de «paternaliste» et d’«infantilisante».  

«On peut tout promettre à la métropole. Puis Québec, non seulement on infantilise, on est paternaliste. On dit aux gens de Québec: « Un, vous ne connaissez pas vraiment vos banlieues, deux, voici quel devrait être le tracé ». C’est infantilisant», a fulminé Mme Anglade.

Même réaction du côté de Québec solidaire (QS), qui souligne que le projet de tramway obtient l’appui d’une majorité de citoyens, des groupes environnementaux et des chambres de commerce.  

«Pour la Coalition avenir Québec (CAQ), Québec, c’est une petite bourgade folklorique», a lancé le porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

De son côté, le député péquiste de Jonquière et ex-ministre des Transports Sylvain Gaudreault a utilisé une expression bien de chez lui pour qualifier l’attitude du premier ministre.

«M. Legault joue le grand talent», a-t-il déclaré, en expliquant qu’un «grand talent» était quelqu’un qui ne se mêlait pas de ses affaires. 

«Que M. Legault, Mme Guilbault et toute l’équipe des députés de la CAQ cessent de jouer les grands talents à la Capitale-Nationale», a-t-il renchéri. 

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« Le débat sur un tramway s’étire depuis plus de 10 ans dans la Vieille- Capitale. » ?

Eh bien, il aura en bel s’étirer une bonne couple d’autres années encore, minimum!, selon moi. On n’en est pas à une année près. Loin s’en faut.

Quoi : ça n’irait pas assez vite en décisions, ça traînerait trop? Faux. Car s’impose au contraire, en ce moment, d’y consacrer plus de temps encore. Beaucoup, beaucoup plus de temps.

EN JEU : demain. Qui sait, aujourd’hui, ce que sera demain? Or, là, faut-il décider pour un demi-siècle à venir. C’est donc un REpensez-y bien. Trois, quatre, vingt-cinq fois, plutôt qu’une.

Question : dans dix, quinze, trente ans, qui et combien utiliseront des transports en commun, à Québec et en Québec-métro, où plus particulièrement, pour aller où, pour faire quoi et avec qu[o]i? Quelqu’un sait?…

Ignorant par exemple actuellement quelle part occupera prochainement l’autoroute virtuelle en l’ensemble des activités citoyennes, sera-t-il sage de ne pas — (risquer d’) — édifier des structures – de type éléphant blanc -, susceptibles de se révéler inadéquates ou désuètes avant même leur mise en service…

Ce pourquoi que quelques centaines de millions supplémentaires y passent en raison du temps consacré à la meilleure élaboration possible du Projet, n’est rien comparé aux milliard$ qui pourraient avoir été investis en pure perte, au mauvais endroit, d’indue manière, advenant mauvaise lecture ou incorrecte anticipation de moyen-long terme.

Quelqu’un sait-il de quoi sera fait demain (bis), de quoi ç’aura l’air? C’est le cas de le dire, en l’air par exemple? Bombardier rêvait d’un véhicule qui « flotte sur la neige ». Qu’est-ce qui dit qu’au cours de décennies pas si lointaines, ne pourrait se développer quelque nouveau mode de transport — (e.g. des dirigeables) — rendant plus ou moins vétuste un réseau de transport « ‘structurant’ » tel que conçu, aujourd’hui ou semaines prochaines, par la Ville ou par le gouvernement ?

Non, bref, ce n’est PAS perte de temps, surtout pas, ni… d’argent que prendre le temps, tout le temps requis, pour ne pas s’aventurer en quelque chose trop approximatif ou trop impensé relativement aux conséquences de lourds aménagements projetés en transports ou eu égard à d’éminentes nouvelles structures leurs d’envergure à/pour Québec.*

* Concernant Montréal, ce n’est pas mais absolument pas la même chose.
Considérant en effet la densité populationnelle et la multiplicité d’activités
y ayant cours, s’y trouve infiniment moins de risques d’errer en y installant
toutes sortes de transports multidirectionnels, multifonctionnels ou autres

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« Paternaliste », « Québec – petite bourgade », « joue le grand talent » (= ne se mêle pas de ses affaires).

L’une des choses que Legault reprochait le plus à Philippe Couillard était que celui-ci aurait considéré la population « de haut », déplorait-il.

Or, qu’est-ce sinon considérer la population québécoise-québécoise de haut que s’amener tout à coup avec ses gros sabots en disant que le projet de la Ville, depuis fort longtemps déjà étudié sous (quasi) toutes ses coutures et moutures, eh bien, on va le tasser et en présenter un autre à ‘place, ‘à côté’ ou, mieux, … ‘par-dessus’?

Ce n’est pas, surtout pas, le paternalisme, i.e. de se considérer au-dessus et de considérer ‘de haut’ qui manque à ce gouvernement, à commencer par à son chef. Qui, lui, se considère aussi au-dessus de tout le gouvernement. À lui, seul, revenant, tout le temps, de ‘trancher’. Lui, seul, que tou.te.s se doivent de suivre, à la lettre, à qui doivent-ils… ‘obéir’. Scrupuleusement. En tout, en tout temps, pour tout, à propos de tout, toujours, invariablement, totalement et entièrement.

Autant aura-t-il pu y avoir, naguère en effet, d’influents ministres ‘pesant’ fort au cabinet, au point d’en faire ‘pencher’ la tête occasionnellement — (e.g. des Lévesque chez Lesage, des Parizeau ou Laurin chez Lévesque, des Couillard chez Charest [re CHUM]) —; autant avènement de tels événements s’avère-t-il inconcevable eu égard au gouvernement Legault; où jamais ne verrez-vous tel ‘dépassement de tête’ émanant d’un.e ministre, dût celui-ci ou celle-ci l’avoir manifestement plus haute ou mieux faite que celle du PM même. Celui-ci étant le seul et unique « boss » suprême. Dont opinions et décisions ne sauraient jamais se voir remises en question par qui que ce soit autour de lui pour quoi que ce soit. Cela ne fait-il penser à qqn ou à quelque chose ?

« Monsieur-sait-tout ». Ou tout comme. Comme sa v.-PM, quoi. À qui une digne avocate a incidemment fait cette remarque qu’il serait donc dommage qu’elle sache « tout! », elle.

Paternalisme ? !
Irrité au possible, le leader du gouvernement, lorsqu’une députée d’opposition a lâché cette remarque à propos du ministre de la Santé. Or…
… Elle n’en avait pas moins parfaitement raison, la députée. Et ce n’était d’ailleurs pas la première fois que ce ministre faisait preuve, ainsi, tout à la fois de paternalisme, de sexisme et d’âgisme à son égard.
S’il est qqn, par ailleurs, qui aura manifesté démesure, infantilisme et puérilité, à cette occasion-là semaine passée, c’est bien ce leader frappant de manière aussi tonitruante que possible sur table, en guise de réaction aussi impulsive qu’intempestive incontrôlée à l’ANQ — (geste-comportement comme il n’en était jamais advenu de la sorte en cette enceinte de la part d’un leader qui n’a qu’à se lever…) —; et leader à l’égard de qui le Président doit passer son temps à devoir élever le ton pour lui enjoindre de se rasseoir lorsque lui est debout [«édifiant!»/bel exemple…].

Ah, le ‘bon exemple’…
Lorsque ça vient « de haut »…
Églises, mosquées, synagogues ‘confinées’ ?
Qu’importe ! Ne sont-ce pas des « fins finauds », ces « gens » ?

Voilà L’Exemple donné au plus « haut », par le plus « haut » :
Il traite de « fins finauds » * du monde qui ne demandait qu’à pouvoir faire en paix
ce dont il avait été convenu…
sans se faire harceler par la police
sans se faire traiter de « fins finauds ».

Puis arrive le jugement de Cour leur donnant raison.
AUCUNES excuses de la part du véritable fin finaud.
Et continuation d’entrave aux réunions en lieux culte.
DIX personnes max là même où il pourrait y en avoir
cinq cent ou plus, suivant logique, entendement ou…
honnêteté morale ou intellectuelle et in tel li gen ce.

Ça va mal à Mtl-Nord en ce moment socialement ?
C’est que, de décennie en décennie, le culturel y
a été délaissé, négligé, omis lamentablement.

Eh bien, lorsqu’au faîte du gouvernement
on traite comme on le fait le spirituel
des « soignants du coeur et de l’âme »
avec tant d’indifférence, malveillance
ou malignité
guère étonnant que la Santé globale
décline et périclite au lieu de croître.

* Après ça, ça s’demande d’où peut bien venir, qu’est-ce ou… qui peut bien nourrir ou exacerber l’antisémitisme !…

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