Trans Mountain: la réponse du gouvernement va au-delà de ce projet, dit Trudeau

OTTAWA — Les actions que le gouvernement entreprendra pour répondre au jugement qui a stoppé le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain auront un impact sur d’autres projets de développement des ressources naturelles, a fait valoir le premier ministre Justin Trudeau, vendredi.

Il participait à une discussion dans le cadre d’un rassemblement de gens d’affaires à Ottawa.

«Si nous faisons la consultation avec les communautés autochtones correctement et si nous menons à bien les analyses scientifiques, nous pourrons aller de l’avant avec ce projet et avec d’autres projets», a-t-il dit.

«Nous n’avons pas seulement besoin de cet oléoduc, mais nous avons besoin d’autres projets de toutes sortes avec l’acceptabilité sociale appropriée», a-t-il ajouté.

Au même moment, la nouvelle tentative des néo-démocrates et des conservateurs de faire témoigner trois ministres du gouvernement Trudeau sur l’oléoduc Trans Mountain en comité échouait.

Une dizaine de députés étaient de retour à Ottawa pour une réunion d’urgence vendredi, la deuxième depuis le début de la semaine.

Une députée néo-démocrate et trois députés conservateurs ont demandé cette rencontre du comité permanent des affaires autochtones et du Nord pour maintenir la pression sur le gouvernement.

«Les libéraux ont balayé du revers de la main toutes les opportunités qu’on leur donne d’expliquer aux Canadiens la raison pour laquelle ils nous ont mis dans ce bourbier-là et comment ils entendent nous en sortir», a dénoncé le député conservateur Steven Blaney à sa sortie de la réunion.

«Je suis absolument déçue», a affirmé la néo-démocrate Rachel Blaney en dénonçant la consultation à sens unique des communautés autochtones effectuée par le gouvernement pour le projet d’expansion de l’oléoduc. Elle a demandé au comité de se pencher sur la question et d’entendre le témoignage du ministre des Finances, Bill Morneau, et de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

«Nous avons besoin d’un nouveau modèle de consultation, a-t-elle fait valoir. Nous alternons entre des gouvernements conservateurs et libéraux qui ne font pas les choses correctement. (…) Les Canadiens et les Premières Nations ont besoin d’un processus qui fonctionne au lieu de jugements qui prouvent que le processus (actuel) ne fonctionne pas.»

Les communautés autochtones de l’Alberta et de la Colombie-Britannique sont divisées sur le projet d’oléoduc. Certaines s’y opposent farouchement, alors que d’autres l’appuient dans l’espoir qu’il génère de la richesse chez elles.

C’est l’un des arguments présentés par les conservateurs qui voulaient plutôt connaître le plan du gouvernement pour mener son projet d’expansion à terme, maintenant que le pipeline lui appartient. Ils ont demandé que M. Morneau et le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, témoignent.

«C’est l’échec de Justin Trudeau qui nous enfonce dans une situation où l’argent des contribuables, 4,5 milliards $, est injecté dans un projet qu’on ne peut pas construire et s’en va aux États-Unis», a souligné Steven Blaney.

Les deux motions ont été rejetées par le comité à majorité libérale. La députée néo-démocrate a appuyé la motion des conservateurs, mais les trois députés conservateurs n’ont pas soutenu la sienne. Les députés libéraux se sont peu engagés dans le débat.

Les contribuables canadiens sont devenus propriétaires il y a exactement une semaine de cet oléoduc construit dans les années 1950 et qui transporte le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’au port de Vancouver en Colombie-Britannique. Le gouvernement a versé la somme de 4,5 milliards $ à l’entreprise texane Kinder Morgan pour en faire l’acquisition.

La Cour d’appel fédérale a stoppé la semaine dernière, et ce, pour une durée indéterminée, le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain qui triplerait sa capacité. Ce projet consisterait à construire un deuxième pipeline qui suivrait le tracé du premier.

La cour avait ordonné à l’Office national de l’énergie (ONÉ) d’inclure dans l’évaluation du projet l’impact de la circulation accrue de navires pétroliers sur les épaulards du sud de la Colombie-Britannique, une espèce en voie de disparition. Elle a aussi intimé au gouvernement de reprendre la troisième étape de consultation auprès des Premières Nations touchées.

Les plus populaires