Transfert de personnel de l’éducation vers la santé: ce sera d’abord volontaire

MONTRÉAL — Le transfert d’employés du réseau de l’éducation vers celui de la santé, à cause de la crise du coronavirus, se fera d’abord sur une base volontaire. On ne parle d’«aucune obligation».

En vertu d’une directive ministérielle transmise vendredi, et dont La Presse canadienne a obtenu copie, les autorités invitent «d’abord toutes les personnes volontaires à nous signifier leur disponibilité».

La directive s’adresse aux employés du réseau scolaire. «Nous faisons aujourd’hui appel à votre coeur. Les établissements qui accueillent les personnes âgées souffrent d’un manque criant de personnel qu’il est difficile de combler», y mentionne-t-on.

Un arrêté ministériel, publié juste avant Pâques, avait semé un vent d’inquiétude au sein du personnel de l’éducation, parce qu’il permettait le transfert du personnel du réseau de l’éducation vers celui de la santé, afin de venir en aide aux infirmières et aux préposés aux bénéficiaires qui sont surchargés de travail par la crise du coronavirus.

Dans la directive ministérielle transmise vendredi, qui suit l’arrêté ministériel, il n’est aucunement question de transfert forcé d’employés du réseau de l’éducation.

«Bien qu’il n’y ait aucune obligation de votre part, nous croyons que plusieurs d’entre vous auront la générosité de contribuer à cet effort collectif», y écrit le sous-ministre à l’Éducation et à l’Enseignement supérieur, Éric Blackburn.

En entrevue, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier, qui représente 125 000 membres dans le secteur de l’éducation, avait déploré le flou entourant cette annonce.

Elle avait notamment critiqué le manque d’indications quant au personnel qui pourrait être effectivement touché — enseignants, professionnels, personnel de soutien scolaire — et aux régions qui seraient concernées.

La CSN s’était montrée plus alarmiste, évoquant même 3700 travailleurs du secteur collégial, à lui seul, qui pourraient être conscrits.

Finalement, la directive de vendredi invite les travailleurs de l’éducation qui souhaitent offrir leur aide à en aviser la direction de leur établissement, qui verra à faire suivre l’offre aux autorités compétentes.