Transferts en santé: des organismes en santé mentale réclament une entente

OTTAWA – Des organismes qui s’occupent de santé mentale au Canada demandent aux provinces qui ne l’ont pas déjà fait de mettre un terme à la confrontation avec Ottawa sur les transferts en matière de santé et de s’entendre rapidement afin que les usagers aient accès à des services de première ligne dont ils ont cruellement besoin.

La présidente de la Commission de la santé mentale du Canada, Louise Bradley, félicite les provinces qui ont conclu des ententes bilatérales avec Ottawa, après l’échec des négociations fédérales-provinciales d’avant Noël. La Saskatchewan, les provinces de l’Atlantique sauf l’Île-du-Prince-Édouard et les trois territoires se sont entendus séparément avec le gouvernement fédéral. Ces ententes prévoient notamment des transferts qui doivent être spécifiquement consacrés à la santé mentale et aux soins à domicile.

Mme Bradley comprend que certaines provinces — dont les trois plus peuplées: le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique — résistent encore afin d’obtenir la meilleure entente possible. Mais en attendant qu’un accord soit trouvé, dit-elle, des gens meurent.

La présidente du Centre pour les dépendances et la santé mentale de Toronto, la docteure Catherine Zahn, estime quant à elle qu’il faut absolument modifier la perception populaire selon laquelle la maladie mentale est un trouble médical mineur, futile ou banal.

Cet appel n’a pas trouvé écho au Québec, au Manitoba ou en Ontario, mercredi. Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, a accusé Ottawa de se livrer à la menace et au chantage pour forcer les plus petites provinces et les territoires à signer des ententes bilatérales et ainsi fragmenter le front commun des provinces.

Le premier ministre progressiste-conservateur du Manitoba, Brian Pallister, a réitéré que le front commun demeurait inébranlable. Il a soutenu que les améliorations en santé mentale ne devaient pas se faire au détriment du reste des services. Le ministre ontarien de la Santé, Eric Hoskins, a lui aussi soutenu que malgré les six ententes bilatérales conclues par Ottawa, 90 pour cent de la population canadienne en est encore exclue.

L’Association médicale canadienne s’est aussi montrée prudente face à ces ententes bilatérales, préférant une stratégie nationale. Selon l’AMC, cette approche ne servira pas les objectifs de la ministre fédérale de la Santé, qui souhaitait une réforme du système de santé à l’échelle nationale.

Peut-être pas, mais ces ententes sont un signe de progrès, soutient Gabriel Miller, vice-président à la Société canadienne du cancer.

Le porte-parole néo-démocrate en matière de santé, Don Davies, a soutenu que ces ententes bilatérales semaient la division, ce qui pourrait menacer le principe d’universalité du système de santé au pays. «Le gouvernement libéral a clairement abandonné toute velléité de fédéralisme coopératif», a-t-il estimé.