Transferts en santé: les provinces réclament encore une hausse à l’approche du budget

OTTAWA — Les premiers ministres des provinces et territoires exhortent, une fois de plus, Ottawa à hausser sa contribution en santé de 28 milliards $ à l’approche du budget fédéral. Et si cela ne fonctionne pas, l’enjeu refera surface lors d’une éventuelle campagne électorale. 

Le premier ministre du Québec, François Legault, a fait front commun avec l’ensemble de ses collègues du Conseil de la fédération de façon virtuelle, jeudi après-midi, pour réitérer l’importance de hausser les transferts fédéraux de 22 % à 35 % des coûts totaux en santé. 

M. Legault estime que c’est une question d’«équité». Si rien n’est fait, dit-il, les provinces et territoires s’enfonceront dans des déficits récurrents, dus à l’augmentation des coûts en santé, alors que le gouvernement fédéral retrouvera peu à peu l’équilibre budgétaire. 

Un rapport commandé par le Conseil de la fédération prévoit d’ailleurs que le gouvernement fédéral sera en situation de surplus à compter de 2033-2034 et qu’il enregistrera un surplus de plus de 50 milliards $ en 2039-2040. En comparaison, le déficit combiné des provinces et des territoires pourrait atteindre 208 milliards $, selon ce document. 

«C’est structurel, les besoins augmentent de 5 %, les transferts fédéraux augmentent de 3 %. Donc ça devient mathématique. Année après année, le pourcentage qui est financé par les provinces est de plus en plus grand», a déploré M. Legault, comptable de formation. 

«Donc ce qu’on voit, c’est qu’à moyen terme, si le gouvernement fédéral augmente ses transferts fédéraux de 22 % à 35 %, il y aura équité; c’est-à-dire que le déficit prévu (…) sera comparable dans les provinces et territoires et du côté du gouvernement fédéral», a-t-il ajouté. 

Cette demande avait été formulée pour la première fois en prévision du discours du Trône, en septembre dernier. Puis, une rencontre a eu lieu avec le premier ministre canadien Justin Trudeau en décembre dernier. Chaque fois, les provinces et territoires ont exprimé leur déception. 

Dans les dernières semaines, M. Legault, en tant que président du Conseil de la fédération, a rencontré tous les chefs des partis d’opposition à Ottawa pour les sensibiliser à cet enjeu. Il n’exclut pas d’accroître la pression si le prochain budget fédéral ne contient pas de hausses en santé.

«Notre souhait premier, ce serait que M. Trudeau réponde positivement à notre demande. (…) Si ce n’est pas le cas, (…) on va continuer à faire nos demandes et s’il y a une élection fédérale, effectivement, on interpellera tous les partis d’opposition», a répondu M. Legault.

Le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert du Canada sont favorables aux hausses évoquées par les provinces. Le Parti conservateur est d’accord avec le principe, mais ne s’est pas avancé sur un chiffre plus précis. 

Le gouvernement Trudeau, de son côté, estime la discussion sur des hausses récurrentes prématurée alors que le pays est toujours en pleine pandémie. 

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