Transmission de COVID-19 par aérosols: lettre d’alarme de 363 scientifiques, lundi

MONTRÉAL — Un groupe de 363 scientifiques constitué de Canadiens pour la plupart réclame des politiciens et des autorités de santé publique du Canada une mise à jour des directives et des réglementations afin de mieux tenir compte de la transmission de la COVID-19 par aérosols. 

Dans une lettre ouverte publiée lundi, ces médecins, infirmières, ingénieurs, spécialistes de la qualité de l’air intérieur et de la santé au travail signalent que les preuves sont désormais irréfutables: la transmission de la COVID-19 par aérosols est fréquente et constitue une voie de transmission importante, les virus concentrés étant plus infectieux et pouvant atteindre des concentrations dangereuses dans des pièces mal aérées ou mal ventilées.   

Ils croient qu’il est nécessaire d’adopter des mesures de ventilation et de filtration de l’air, mais que plusieurs lieux de travail, bâtiments et résidences sont mal ventilés et mal aérés.   Bien que diverses autorités, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), aient commencé à reconnaître la transmission par aérosols de la COVID-19, il n’y a pas eu d’amélioration notable des mesures de protection des travailleurs de la santé et des services essentiels, selon les signataires. 

Ils estiment que les messages de prévention des gouvernements provinciaux au Canada continuent d’être déficients quant aux risques de transmission dans des milieux clos, surtout que l’hiver impose depuis quelques semaines un plus grand nombre d’activités à l’intérieur.  

Ils rappellent qu’un groupe d’experts de la conseillère scientifique en chef du Canada sur la COVID-19 a publié le 28 septembre dernier un avis qui résume les meilleures façons de réduire les infections dans les bâtiments et d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Ils déplorent que les gouvernements provinciaux et fédéral continuent de négliger la ventilation, d’autant plus que les stratégies à employer pour réduire la transmission de la COVID-19 par aérosols dans les bâtiments sont bien documentées.   

Les 363 signataires suggèrent une multitude de recommandations, dont la mise à jour des directives pour contrer la transmission par aérosols, des messages de santé publique plus clairs, d’éviter les espaces fermés et les lieux bondés, de porter le masque même lorsqu’on est loin des autres, d’ouvrir régulièrement les fenêtres, de bien entretenir les systèmes de ventilation et de faire fonctionner fréquemment les ventilateurs dans les cuisines et les salles de bains.   

Les spécialistes émettent aussi des recommandations pour les milieux où oeuvrent les travailleurs de la santé.  

Les investissements dans la ventilation et dans la qualité de l’air constituent, selon eux, des dépenses avisées, considérant que d’autres pandémies virales respiratoires sont probables.

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