Transport aérien régional: un comité qui ne sert pas à grand-chose

QUÉBEC — Le groupe d’intervention mis sur pied pour régler les problèmes du transport aérien régional ne sert pas à grand-chose: les participants n’ont même pas accès aux mémoires remis au gouvernement Legault.

L’opposition péquiste, qui prend part au groupe d’intervention, a dénoncé mardi le manque de transparence des caquistes. Le PQ en appelle au ministre des Transports, François Bonnardel, et réclame une commission parlementaire.

Mis sur pied en juillet par le ministre, le groupe devait régler de façon définitive le problème des liaisons coûteuses vers des régions comme la Gaspésie, la Côte-Nord et l’Abitibi. Le problème s’est accentué à la suite de l’annonce par Air Canada de l’abandon de 30 liaisons aériennes, ce qui affecte les aéroports de Gaspé, Mont-Joli, Baie-Comeau et Val-d’Or.

«Nous n’avons pas l’information pour juger de la validité ou de l’intérêt de l’ensemble des mémoires», a déclaré le député péquiste Joël Arseneau, en conférence de presse mardi matin à l’Assemblée nationale.

Les mémoires vont apparemment «dans tous les sens». Plusieurs solutions sont proposées: le maintien de la libre concurrence, la réduction de frais aux usagers ou des taxes, la subvention de certaines lignes jugées «essentielles», un nouveau transporteur avec la mutualisation de certains coûts, a évoqué M. Arseneau, qui ne sait pas toutefois de qui émane chacune des propositions.

Selon M. Arseneau, le moment est opportun pour réfléchir à bâtir un nouveau modèle, trouver une solution permanente, et discuter éventuellement de la mise en place d’un prix plancher, pour éviter qu’un transporteur fasse du «dumping» pour se débarrasser d’un concurrent et ensuite, une fois en situation de monopole, fixer des tarifs scandaleux.

Au-delà de 25 % du prix du billet d’avion va en taxes et en prélèvements de toutes sortes, tandis que des évaluations font état du fait que 30 % à 35 % du prix du billet d’avion payé par les passagers sert essentiellement à payer l’ensemble des fournisseurs de services ou les gouvernements, en impôts et en taxes. En outre, l’organisme de gestion du trafic aérien, Nav Canada, veut augmenter également ses frais de 30 % dans les prochaines semaines. Donc il est possible de jouer sur ces leviers, pour abaisser les coûts, a dit M. Arseneau.

Il réclame une commission parlementaire en bonne et due forme pour pouvoir entendre les parties prenantes.

Actuellement, le programme d’aide aux transporteurs régionaux leur permet d’assurer un service minimal, pendant la pandémie de coronavirus, pour le transport de patients, de personnel médical et pour acheminer des denrées vers les régions éloignées. Il est prolongé jusqu’au 31 octobre, mais par la suite, c’est l’incertitude.

Laisser un commentaire