Transport d’un liquide radioactif: tollé d’Autochtones au Québec et en Ontario

Un groupe qui représente sept Premières Nations de l’Ontario et du Québec s’oppose à un plan de transport d’un liquide hautement radioactif des laboratoires Chalk River, dans la communauté ontarienne de Deep River, jusqu’à un emplacement situé aux États-Unis.

Le Caucus iroquois a condamné, mercredi, le projet de transport de 23 000 litres de ce matériel d’un établissement situé au nord-ouest d’Ottawa jusqu’au site de Savannah River, en Caroline du Sud. Le trajet serait effectué par les routes et les ponts du réseau public.

Selon le collectif autochtone, le projet comporte des risques de déversements potentiellement dévastateurs dans les eaux qui se déversent dans les Grands Lacs, dans le fleuve Saint-Laurent et dans l’un de ses affluents.

Cet écosystème approvisionne en eau potable environ 40 millions de personnes au Canada et aux États-Unis.

Le grand chef d’Akwesasne, Abram Benedict, a fait valoir qu’il n’y a aucune raison d’aller de l’avant avec un tel plan quand des options moins risquées existent. Le Caucus iroquois plaide que la dangerosité du transport de matière radioactive varie en fonction du chemin emprunté.

Le grand chef Benedict a du même coup invité tous les individus, les communautés et les organisations qui font part de leurs inquiétudes à se tenir debout ensemble pour s’assurer «que le bon sens prévale».

Le Caucus iroquois regroupe les conseils élus d’Akwesasne, de Kahnawake, de Kanesatake, des Mohawks de la Baie de Quinte, de la Nation Oneida of the Thames, de la communauté Six Nations of the Grand River et des Mohawks de Wahta.

Selon les calculs utilisant les données de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, il suffit d’un litre du liquide provenant de Chalk River pour entièrement ruiner l’approvisionnement en eau de n’importe quelle ville de l’Amérique du Nord, a souligné Gordon Edwards, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire.