Travail des enfants: Québec serait-il prêt à imposer un âge minimum?

Québec songe à imposer un âge minimum pour travailler, ainsi qu’un nombre maximum d’heures pouvant être travaillées par un jeune.

En entrevue vendredi, le ministre du Travail, Jean Boulet, a affirmé être aidé dans sa réflexion par la députée libérale Marwah Rizqy.

Celle-ci avait sollicité et obtenu une rencontre avec le ministre pour discuter notamment de la hausse du nombre d’accidents de travail impliquant des enfants. 

Ils ont bondi de 36 % chez les moins de 16 ans en 2021.

«C’est certain que Marwah va être consultée encore», a déclaré le ministre, qui souhaite également travailler sur cet «enjeu transversal» avec Québec solidaire et le Parti québécois. 

Le ministre Boulet se dit à la recherche d’un consensus; il recevra aussi un rapport du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre le 8 décembre.

Selon lui, il y a toujours eu des enfants sur le marché du travail, mais le phénomène s’est récemment «amplifié» avec la pénurie de main-d’œuvre.

Il n’exclut pas de légiférer pour atteindre deux objectifs: protéger la santé et la sécurité des enfants, et ne pas compromettre leur parcours académique.

Il s’agit en d’autres mots d’accorder une «protection maximale» aux jeunes.

«Je suis préoccupé par l’âge minimum. Je suis aussi intéressé par un maximum d’heures de travail, soit quotidiennement ou soit par semaine», a déclaré M. Boulet. 

«Je ne suis pas à ce stade-là de confirmer qu’on va faire un projet de loi, mais la réflexion n’est pas loin de sa conclusion. (…) En janvier-février, je veux que ce dossier-là progresse», a-t-il poursuivi.

Contrairement à d’autres provinces canadiennes, le Québec n’impose pas d’âge minimum légal pour travailler. Avec l’autorisation des parents, un enfant peut commencer à travailler dès qu’il le souhaite.

Mais cela ne veut pas dire que le Québec fait figure de cancre au Canada, souligne le ministre. Plusieurs articles «éparpillés» dans les lois québécoises régissent déjà le travail des enfants. 

Il rappelle notamment qu’un jeune de 16 ans ou moins qui n’a pas obtenu de diplôme ne peut travailler durant les heures de classe.

Par ailleurs, il soutient que le travail peut être «bénéfique» pour un jeune, qui peut s’épanouir au sein d’une entreprise familiale, dans le secteur agricole, ou en faisant du gardiennage, par exemple.

L’an dernier, la Colombie-Britannique a fait passer l’âge minimum pour travailler de 12 à 16 ans. Il est toutefois possible pour les plus jeunes dans cette province d’effectuer des travaux «légers».

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