Travailleur coincé suite à un effondrement à la mine Westwood : la CNESST enquête

PREISSAC, Qc — La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a ouvert une enquête à la suite de l’effondrement survenu vendredi dernier à la mine Westwood, située non loin de Rouyn-Noranda.

Un travailleur est resté coincé sous les décombres pendant plus de 30 heures avant d’être rescapé sain et sauf, samedi soir.

Selon les premières informations, une secousse de magnitude 3,7 sur l’échelle de Richter a frappé le secteur de Preissac vers 14h30, vendredi, provoquant un effondrement de terrain au niveau 132 de la mine.

«Même à la surface, les gens s’affairent rapidement pour prendre contact avec les travailleurs parce qu’il y a des gens qui peuvent vivre des émotions très intenses», a déclaré le directeur de la mine, Sylvain Collard, en entrevue à Radio-Canada.

Au moment de l’effondrement, 109 travailleurs se trouvaient sous terre. Ils ont tous été sortis sans une égratignure, sauf un, qui était demeuré isolé et n’avait pu trouver refuge à un point de ralliement.

Les équipes de sauvetage minier ont donc entrepris des recherches vers 16h vendredi.

L’homme a été retrouvé 30 h plus tard, soit samedi en fin de soirée. «Il n’était pas blessé physiquement, mais on peut penser qu’il a subi un choc émotif, indique le porte-parole régional de la CNESST, Yvon Grégoire. Il a été transporté à l’hôpital par mesure préventive.»

Un secteur problématique

Deux inspecteurs de la CNESST se rendront mardi sur les lieux pour tenter de déterminer les circonstances exactes de cet effondrement.

D’ici là, la compagnie Iamgold, propriétaire de la mine, a cessé complètement ses activités sur le site. «Nous avons demandé à la compagnie de ne toucher à rien, pour que nous puissions mener efficacement notre enquête, explique Yvon Grégoire. Des ingénieurs miniers indépendants vont inspecter les lieux, et pourront faire leurs recommandations par la suite.»

La mine Westwood a été le théâtre de quelques incidents fâcheux depuis cinq ans.

En janvier dernier, un chariot à minerai (scoop) a pris feu, forçant l’équipe de sauvetage à récupérer trois travailleurs.

En mai 2015, neuf travailleurs étaient aussi restés coincés dans une galerie, au niveau 104. Ils avaient été rescapés sains et saufs. La CNESST avait recommandé de fermer et de remblayer complètement ce niveau, situé non loin du gisement principal.

Ironiquement, le niveau 132, qui s’est effondré le week-end dernier, avait été conçu pour contourner le niveau 104, rendu inaccessible.

Iamgold fera le point mercredi en fin de journée sur cet incident, en même temps qu’elle rendra publics ses résultats financiers pour le quatrième trimestre de 2020, à la fermeture des marchés boursiers.

Texte de l’Initiative de journalisme local

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