Travailleurs agricoles étrangers et COVID: «il n’y a rien qui fonctionne», dit l’UPA

MONTRÉAL — Même si cela fait déjà un mois qu’ils s’en plaignent au fédéral, les producteurs agricoles qui font appel aux travailleurs étrangers constatent encore d’importants délais et embûches pour que ceux-ci puissent recevoir leur résultat de test de dépistage de la COVID-19 et commencer à travailler.

«Dans tout le processus, il n’y a rien qui fonctionne», s’est plaint vendredi en conférence de presse Martin Gibouleau, président du conseil d’administration de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’oeuvre agricole étrangère (FERME).

D’abord, les travailleurs étrangers temporaires doivent s’administrer eux-mêmes le test par écouvillon dans la narine. Ensuite, ils ont affaire à une infirmière en vidéo. Puis ils se butent à des délais ou des embûches pour passer le test, selon les exigences du fédéral, et obtenir le résultat, rapporte le président général de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau.

Encore aujourd’hui, il leur est difficile d’obtenir des services dans une autre langue que l’anglais.

«La procédure  est très compliquée pour les travailleurs et les délais s’additionnent: délai pour avoir la ligne, délai pour avoir le service et surtout délai pour avoir les résultats de ces tests-là», a résumé M. Groleau. Pendant ce temps, le travail ne peut se faire, alors que la saison agricole est deux semaines en avance, souligne M. Groleau.

Ces travailleurs et leur employeur doivent passer par une firme, Switch Health, reconnue par le fédéral. Ils ne peuvent se rendre dans un centre de dépistage comme les autres citoyens et attendre leur résultat dans un délai raisonnable. Ils ne peuvent non plus accepter les offres qui leur sont faites par d’autres firmes privées de dépistage.

Les délais de 18 à 20 jours avant qu’ils puissent commencer à travailler ne sont pas rares, puisqu’ils doivent attendre les résultats de tout le groupe, relatent les représentants du milieu agricole.

«Actuellement, les producteurs s’arrachent les cheveux. Plusieurs sont exaspérés, pour ne pas dire désespérés de la situation. Après des appels répétés à Mme Bibeau (Marie-Claude, ministre fédérale de l’Agriculture), à monsieur Lamontagne (André, ministre québécois de l’Agriculture), il n’y a rien qui a vraiment bougé, au moment où on se parle», rapporte M. Groleau.

Pour le moment, de 500 à 600 travailleurs étrangers sont arrivés en sol québécois et le système ne répond pas à la demande. Or, 14 000 autres doivent arriver pour la saison des fruits et légumes.

«Ça va être le bordel, c’est certain, certain», s’est exclamé M. Groleau, qui presse Ottawa d’intervenir.

Les représentants agricoles ont proposé plusieurs solutions de rechange. On pourrait par exemple permettre que ces travailleurs soient testés dans des centres de dépistage et que les résultats soient transmis au fédéral, après la quarantaine qu’ils passent, de toute façon, après leur arrivée ici et un premier test. Ou bien recourir à des agences privées avec des infirmières à la ferme, a suggéré M. Groleau.

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