Travailleurs de la Fonderie Horne intimidés: le syndicat lance un appel au calme

ROUYN-NORANDA, Qc — Le syndicat qui représente les travailleurs de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda, dénonce l’intimidation et les commentaires haineux qui sont dirigés vers ses membres depuis que les niveaux d’émissions d’arsenic de la fonderie font l’objet d’un débat public et politique.

Dans un communiqué publié mercredi matin, le Syndicat des travailleurs de la mine Noranda-CSN, qui représente environ 400 membres, affirme que «certains citoyens ont perdu le sens de la mesure» dans leurs messages envoyés aux travailleurs de la fonderie.

La fin de semaine dernière, des employés de la fonderie ont confié à Radio-Canada qu’ils recevaient des insultes — on les traite entre autres de «tueurs d’enfants» ou encore «d’empoisonneurs de femmes enceintes» — depuis que les niveaux d’émissions d’arsenic et d’autres polluants de l’usine sont remis en question.

À la suite de cette rare sortie publique des employés de la fonderie, le syndicat se porte à leur défense.

«Après l’élection, il va falloir continuer à vivre ensemble et je crains que cette division dans la population laisse des séquelles. Nous ne sommes pas des criminels, seulement des travailleurs», a souligné le président du Syndicat des travailleurs de la mine Noranda-CSN, Stéphane Larente.

M. Larente a aussi mentionné que les membres de son syndicat sont les premiers à vouloir une diminution des émissions de l’usine, puisqu’ils y travaillent chaque jour.

«Plutôt que d’accuser les travailleurs, la population devrait participer à la consultation publique sur la proposition de diminution des émissions d’arsenic à 15 nanogrammes, qui se tiendra du 6 au 20 octobre», a proposé le président.

En août, Glencore, propriétaire de la Fonderie Horne, a annoncé l’investissement de 500 millions $ pour atteindre un seuil d’émission d’arsenic de 15 nanogrammes par mètre cube d’air (ng/m3) en 2027, comme l’ont demandé les autorités québécoises de santé publique et le ministère de l’Environnement.

L’entreprise prévoit que 84 % du périmètre urbain de Rouyn-Noranda atteindra une concentration de 3 ng/m3 ou moins dans cinq ans, ce qui correspondrait à la norme québécoise. La direction n’a toutefois pas été en mesure d’indiquer comment et quand la fonderie pourrait atteindre la norme québécoise pour l’ensemble de la ville.

Avant d’atteindre la limite de 15 ng/m3 à l’été 2027, la fonderie projette d’arriver à une cible de 65 ng/m3 en 2023 et de 45 ng/m3 en 2025.

Actuellement, une entente avec le gouvernement permet que les émissions de la fonderie atteignent une moyenne annuelle de 100 ng/m3, soit 33 fois plus que la norme québécoise de 3 ng/m3.

Le ministère de l’Environnement doit renouveler la nouvelle attestation «d’ici la fin novembre ou la fin de l’année», a mentionné le ministre Benoit Charette.

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