Treize délégués de l’Assemblée des Premières Nations rencontreront le pape au Vatican

Un chef et survivant des pensionnats autochtone affirme qu’il recherchera la justice et la guérison lorsqu’il dirigera la délégation de l’Assemblée des Premières Nations (APN) qui rencontrera le pape François le mois prochain au Vatican.

«Nous faisons cela pour rechercher une véritable réconciliation», a annoncé jeudi Norman Yakeleya, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour les Territoires du Nord-Ouest. 

«Nous prions Dieu, nous prions que le Saint-Père fasse ce qu’il faut».

Jeudi, l’APN a annoncé que 13 délégués, dont M. Yakeleya, se rendront au Vatican du 14 au 21 décembre. Les personnes choisies représentent les Premières Nations de tout le pays et comprennent des survivants des pensionnats et deux jeunes délégués.

Wilton Littlechild, de l’Alberta, qui a été commissaire à la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, sera le porte-parole.

Le groupe aura une rencontre d’une heure avec le pape le 20 décembre, au cours de laquelle il devrait aborder différents thèmes, notamment les dix principes de la réconciliation et les tombes non marquées sur les sites des anciens pensionnats.

Les délégations métisse et inuite auront également des rencontres distinctes d’une heure avec le pape.

La Conférence des évêques catholiques du Canada couvrira les frais de voyage.

M. Yakeleya a dit que lorsqu’il était enfant dans un pensionnat d’Inuvik, il n’avait jamais imaginé, dans ses rêves les plus fous, qu’il pourrait parler au pape ou lui demander des comptes. 

Il a ajouté que le groupe demandera au pape François de présenter des excuses pour le rôle de l’Église catholique dans les pensionnats. Mais, a-t-il ajouté, la discussion doit aller plus loin, car «il est également important de penser à ce qui se passe dans un monde post-excuses».

«Seul Dieu sait ce que le Saint-Père nous dira», a mentionné M. Yakeleya.

Pendant un siècle, on estime que 150 000 enfants autochtones ont été contraints de fréquenter les pensionnats. Plus de 60 % de ces écoles étaient gérées par l’Église catholique.

Les appels au pape afin qu’il présente des excuses pour le rôle de l’Église dans ces écoles se sont intensifiés depuis la découverte, au printemps dernier, de centaines de tombes non marquées sur les sites des anciens pensionnats.

Le thème de la délégation est la manière dont les peuples autochtones et l’Église catholique peuvent s’unir en vue de la guérison et de la réconciliation.

Le mois dernier, le Vatican a annoncé que le pape François était également disposé à effectuer une visite au Canada. 

L’ancien chef national de l’APN, Phil Fontaine, de la Première Nation Sagkeeng au Manitoba, espère que le pape François s’engagera à présenter des excuses au Canada lors de la visite de la délégation à Rome.

Phil Fontaine a mis les expériences vécues dans les pensionnats à l’ordre du jour en 1990 lorsqu’il a révélé les mauvais traitements qu’il a lui-même subis à l’école de Fort Alexander, au Manitoba.

M. Fontaine a également fait partie d’une précédente délégation autochtone avec l’ancien pape Benoît XVI à qui il avait demandé des excuses en 2009. Le pape avait alors exprimé sa tristesse et son «angoisse personnelle», mais n’avait jamais présenté d’excuses.

«Les circonstances sont tellement différentes pour cette visite», a précisé M. Fontaine. 

«Nous partons pour Rome avec de grandes attentes»

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