Trois ministres économiques, mais un demi-ministre de l’Environnement

QUÉBEC — Le gouvernement caquiste se retrouve maintenant avec trois ministres à l’Économie, mais un demi-ministre de l’Environnement.

C’est ainsi que Greenpeace Québec a déploré le mini-remaniement effectué par le premier ministre mercredi matin. 

François Legault a attribué le mandat de la lutte au racisme à son ministre de l’Environnement, Benoit Charette. 

Et du même coup, il a nommé la députée Lucie Lecours ministre déléguée à l’Économie, pour faire équipe avec les ministres qui ont déjà des portefeuilles économiques, soit Pierre Fitzgibbon et Marie-Ève Proulx. 

En entrevue avec La Presse Canadienne, le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, a déploré que M. Charette, avec ses nouvelles fonctions, aura donc moins de temps pour s’occuper de la lutte aux changements climatiques.

Le ministère de l’Environnement est déjà sous-financé et maintenant il a à sa tête un ministre qui devra partager son temps pour s’occuper d’autres dossiers épineux, en conclut M. Bonin.  

«D’enlever une partie du temps du ministre consacrée à l’environnement et affaiblir par le fait même le ministère, c’est très inquiétant, a-t-il dit. Le gouvernement est rendu avec un trio économique, mais en contrepartie, on a un demi-ministre de l’Environnement.»

Cela va à l’encontre de ce qui est observé dans d’autres pays, où on reconnaît que la crise climatique est une urgence, une menace pour la sécurité planétaire qui réclame une réponse aussi forte que la crise sanitaire, a-t-il poursuivi.

Inévitablement, la tête dirigeante du ministère ne pourra pas consacrer autant de temps à faire avancer ses projets de loi, projets de règlement et ses politiques, que ce soit sur l’enjeu de la qualité de l’air, de la qualité de l’eau, de la biodiversité, etc.

«On est littéralement renversé, a commenté M. Bonin. On enlève des capacités au ministère, on lui enlève un leader qui pourrait porter la cause environnementale.»

«On saura gérer»

En conférence de presse mercredi matin pour commenter sa nomination, M. Charette a tenté de se montrer rassurant pour ses interlocuteurs du monde de l’environnement.

«Ce sont des gens avec qui je suis en contact au quotidien, a-t-il dit en s’en remettant également au personnel de son cabinet pour assurer les suivis. On saura gérer ces deux mandats qui demeurent importants.»

QS

Québec solidaire (QS) juge avec sévérité le mini-remaniement décidé par François Legault.

«Le gouvernement nous confirme que Benoît Charette est le ministre des dossiers dont la CAQ ne reconnaît pas l’importance: le racisme et la lutte aux changements climatiques, a déploré le député Andrés Fontecilla. M. Charette a prouvé depuis deux ans qu’il ne réussit pas à imposer la priorité des changements climatiques au sein du conseil des ministres.»

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