Trois piliers pour combattre l’itinérance, rappelle la Mission Old Brewery

MONTRÉAL — Le sujet de l’itinérance a été mis en veilleuse pendant la campagne électorale, déplore la Mission Old Brewery, qui profite de la journée mondiale de l’itinérance, ce lundi, pour remettre à l’avant-plan des solutions afin de lutter contre ce fléau. 

Si la pandémie a entraîné une hausse du nombre de personnes sans-abri à Montréal, elle a du moins permis de mettre en lumière les demandes de longue date du milieu, souligne la directrice des communications de la Mission Old Brewery, Marie-Pier Therrien. 

«On est rendu avec des places 24/7 sur le plan de services d’urgence, c’est-à-dire que les gens n’ont plus besoin de sortir le matin avec leurs choses et revenir le soir pour faire la file. Ce sont des ressources ouvertes à l’année», mentionne Mme Therrien en entrevue. 

Elle évoque aussi le maintien de près de 200 places à l’ancien édifice de l’Hôtel-Dieu de Montréal, qui avaient d’abord été mises à la disposition dans différents établissements hôteliers de Montréal au cours de la crise sanitaire.

L’accès à de l’hébergement en permanence toute l’année est l’un des trois piliers que propose un collectif d’organismes, dont fait partie la Mission Old Brewery, pour mettre fin à l’itinérance dans la métropole québécoise. 

Leur vision commune nommée «Trois pas de plus» invite aussi le gouvernement à financer et accompagner 2250 personnes en logement sur cinq ans afin de désengorger les services d’urgence. 

«La portion accompagnement est super importante. On ne peut pas juste loger des gens dans ces situations-là pour que ce soit un succès. Ça prend vraiment des services de soutien à la réaffiliation dans la société», explique Mme Therrien à La Presse Canadienne. 

Le troisième pas à franchir est de créer un «système d’accueil coordonné» afin d’assurer une collaboration entre les différents organismes et services sociaux et en santé. 

«C’est très difficile en ce moment de suivre un individu et d’avoir une vision d’ensemble sur la situation à Montréal. Chaque organisme a ses propres bases de données et fait ce qu’il peut avec la collaboration du client, mais le continuum de services est difficile à assurer», relate la directrice des communications. 

L’an dernier, le gouvernement du Québec a présenté un plan d’action interministériel en itinérance s’échelonnant jusqu’en 2026. La mise en œuvre de son contenu reste toutefois «partielle et précaire» concernant le financement, note Mme Therrien. La coordination des actions entre les paliers gouvernementaux fait également défaut.

Le plan du gouvernement s’articule autour de trois axes: la prévention, l’accompagnement et l’intersectorialité. 

Pour ceux qui souhaitent aider une personne sans-abri, il est notamment suggéré de remettre des cartes-cadeaux pour des besoins essentiels, comme pour un café ou de la nourriture, plutôt que de remettre directement de l’argent. L’achat de billets pour le transport en commun peut aussi être une avenue à privilégier. 

«Ce sont des petites choses du quotidien qui peuvent leur être utiles», recommande Mme Therrien, tout comme les référer à des services selon leurs besoins. 

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