Troisième lien: l’opposition libérale veut une commission parlementaire

QUÉBEC — L’engagement individuel le plus coûteux du gouvernement Legault, un tunnel entre Québec et Lévis, doit être examiné rapidement en commission parlementaire, a réclamé mardi l’opposition officielle.

Cette requête fait suite aux déclarations du ministre des Transports, François Bonnardel, qui a évoqué la possibilité d’imposer un péage, alors que cela avait été écarté précédemment. Rappelons que la réalisation du troisième lien est estimée à au moins 4 milliards $ au bas mot.

En mêlée de presse mardi, M. Bonnardel a justifié l’hypothèse d’un péage pour financer cet ouvrage routier, en raison de l’absence d’engagement du gouvernement fédéral.

«Ils (les représentants fédéraux) ont été légèrement frileux jusqu’à date. Je m’attends à ce que le fédéral soit présent (dans le financement). Dans ces conditions, il est important pour moi de tout mettre sur la table.»

En conférence de presse mardi matin, le porte-parole libéral en matière de transports, Gaétan Barrette, a fait savoir qu’il avait demandé à la commission parlementaire sur les transports d’entendre le directeur du bureau de projet du tunnel Québec-Lévis, Frédéric Pellerin, faute d’informations claires.

«Je pense que la population, qui va potentiellement engager théoriquement jusqu’à 8 milliards de dollars dans ce projet-là, a le droit de savoir exactement où on est rendus, pourquoi on est rendus là, sur quelle base ont été prises les décisions et l’estimation, ne serait-ce que sommaire, du coût du budget.»

M. Barrette soupçonne le gouvernement de vouloir reculer sur son engagement en raison d’une impasse budgétaire, après avoir trop promis en campagne électorale l’an dernier.

De son côté, la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire, est favorable à cette demande d’audience, mais doute qu’elle apporte des réponses, parce que M. Pellerin a été nommé par le gouvernement.

«Son boss, c’est la CAQ, il ne peut pas se mettre à dire n’importe quoi. Est-ce qu’on va entendre le fond de sa pensée? On n’est même pas capable d’avoir des informations de base comme quelle est l’analyse qui a permis de choisir un tunnel.»

Les membres de la commission parlementaire auront à décider dans une prochaine séance si oui ou non ils acceptent la demande du PLQ. Les élus du gouvernement sont majoritaires à la commission et pourront faire pencher la décision.