Troisième lien: Québec présente un nouveau tracé, sans évaluation de coûts

SAINT-SAUVEUR, Qc — Le ministre des Transports, François Bonnardel, fait volte-face et propose de privilégier un nouveau tracé pour le projet controversé de tunnel qui devrait relier Québec et Lévis sous le fleuve Saint-Laurent.

Il met donc de côté le tracé choisi initialement et annoncé en juin dernier.

Par contre, pas de changement du côté de la facture à anticiper: le ministre reste toujours muet sur l’estimation du coût de construction d’une infrastructure de cette envergure, un projet colossal dont la nécessité n’a d’ailleurs jamais été démontrée par une étude scientifique.

Le projet de troisième lien, censé être la solution à la congestion routière de la capitale, était une promesse électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ), au pouvoir depuis 15 mois.

Le ministre n’a pas non plus indiqué comment serait financé ce projet, qui nécessitera au bas mot l’injection de quelques milliards de dollars de fonds publics, ni si Ottawa allait accepter d’acquitter une partie de la facture. Et si oui, à quelle hauteur.

À ce propos, il a dit juger qu’il était encore «beaucoup trop tôt» pour estimer le coût du projet, sur lequel son équipe travaille depuis plus d’un an.  

En mêlée de presse, en marge d’une réunion des députés caquistes en prévision de la reprise des travaux parlementaires, le ministre Bonnardel a confirmé jeudi qu’il avait présenté un nouveau tracé du «troisième lien» aux maires de Québec, Régis Labeaume, et de Lévis, Gilles Lehouiller, cette semaine, qui, tous deux, ont bien accueilli sa proposition.

En juin dernier, disant avoir analysé plusieurs scénarios, M. Bonnardel avait pourtant annoncé sa décision dans ce dossier, en présentant un tracé de près de 10 kilomètres, situé à l’est de la capitale, à la hauteur des chutes Montmorency et sous la partie ouest de l’Île d’Orléans pour aboutir à l’est de Lévis, en terre agricole. 

Le nouveau tracé prévoit que le tunnel sousfluvial réunira plutôt les deux centre-villes, passant sous la colline parlementaire du côté de Québec pour atteindre la sortie à proximité du boulevard Laurentien.

Le ministre dit aussi vouloir donner une plus large place au transport collectif — autobus et tramway — dans le projet remodelé, et il dit espérer convaincre davantage d’automobilistes d’abandonner la voiture. 

Quant à elle, l’idée de doter Québec d’un métro est désormais «totalement» écartée.

Il se dit convaincu que le troisième lien «va améliorer la fluidité» de la circulation dans la capitale, qui compte actuellement deux liens entre les rives sud et nord du fleuve, le pont Pierre-Laporte et le pont de Québec, à l’ouest du centre-ville.

«Le défi, c’est de réduire la congestion routière. Le défi, c’est de ne pas augmenter cette congestion», a-t-il commenté. 

M. Bonnardel a dit qu’il voulait présenter un projet détaillé dans «les prochaines semaines» et il maintient sa promesse de procéder à une première pelletée de terre au terme du présent mandat, lors de l’échéance électorale d’octobre 2022.

Le critique libéral en transports, le député Gaétan Barrette, a dit estimer pour sa part que le nouveau tracé va accroître au lieu de diminuer la congestion routière au centre-ville. 

La députée solidaire de Taschereau, circonscription située au centre-ville de Québec, Catherine Dorion, partage son avis, se montrant très inquiète en envisageant l’impact du tunnel, en termes d’affluence automobile accrue au coeur de la ville, surtout aux heures de pointe.

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