Trop d’attente pour des examens IRM au CHUM, selon le Protecteur du citoyen

MONTRÉAL — Des patients attendent trop longtemps pour leurs examens d’imagerie médicale par résonance magnétique (IRM) et de tomodensitométrie (TDM) au CHUM, qui sont utiles pour détecter certaines maladies, dont des cancers, constate le Protecteur du citoyen dans un rapport d’enquête publié mercredi.

Le délai maximal demandé par le ministère de la Santé est de trois mois, mais beaucoup de patients québécois attendaient leur examen depuis plus longtemps et certains même depuis six mois, ressort-il du rapport.

Le problème? Les appareils sont encore sous-utilisés en raison d’un nombre insuffisant de technologues. Le déménagement récent du CHUM au centre-ville de Montréal n’aurait pas non plus aidé, a souligné l’établissement de soins.

Selon les informations dont disposait le Protecteur au moment de lancer son enquête au début de 2018, il avait été porté à son attention que 7000 personnes étaient en attente d’une IRM et 8000 en attente d’une TDM — mieux connu sous le nom de CT scan en anglais. Le rapport s’est penché sur la situation de cet établissement, mais cela ne signifie pas qu’il est le seul à avoir de telles listes d’attente.

Certaines personnes parmi celles-ci sont aux prises avec un problème de santé qui nécessite d’avoir rapidement accès à un tel examen. Et puis, cet examen est un préalable nécessaire pour beaucoup de patients, avant qu’ils ne puissent obtenir un rendez-vous avec un spécialiste ou pour une chirurgie, peut-on lire dans le rapport daté du 14 août, mais rendu public mercredi.

L’examen d’imagerie par résonance magnétique est une technique qui permet de mieux détecter des tumeurs, une infection ou une hémorragie. Lorsqu’une tumeur est détectée, l’IRM permet aussi de mieux se rendre compte de ses caractéristiques et de contrôler l’efficacité de certains traitements.

«Bon nombre de personnes dont la condition nécessite une IRM ou une TDM ne reçoivent pas le service à l’intérieur du délai cible établi par le ministère ou l’établissement», est-il conclu dans le rapport.

En mai 2018, 3566 demandes de IRM avaient été logées et étaient en attente: sur celles-ci, 30 pour cent des demandes dites primaires (pour un premier diagnostic) étaient hors délai, et 50 pour cent de celles pour les examens de contrôle l’étaient également.

Un patient attendait même un examen de TDM depuis 269 jours, donc près de neuf mois.

Le CHUM — l’un des plus importants centres hospitaliers au Québec — dispose de six machines d’IRM et de six pour la TDM. Certaines fonctionnent jusqu’à 16 h, et d’autres, jusqu’à 23 h 30. Mais la fin de semaine, un seul appareil d’IRM et un seul pour la TDM sont utilisés.

Questionné par le Protecteur du citoyen sur la sous-utilisation des machines, le CHUM a répondu ne pas avoir assez d’employés pour les utiliser davantage.

Il y avait 20 technologues pouvant opérer les IRM et 23 pour les TDM. Tous ne sont pas à temps plein. Et cela prend deux technologues par salle d’IRM et trois technologues par deux salles de TDM.

Le CHUM a entrepris des démarches afin d’améliorer la situation. Il a indiqué planifier embaucher 25 technologues supplémentaires: 14 l’avaient déjà été au moment de la rédaction du rapport, dont 10 récemment. Le CHUM dit avoir de la difficulté à en engager plus. La prochaine cohorte de finissants sera toutefois sur le marché du travail ce mois-ci, ce qui pourrait aider, note le Protecteur.

Parmi d’autres améliorations mises en place, le CHUM a embauché de nouveaux agents administratifs pour les rendez-vous et la gestion des listes d’attente et a ajouté des assistants techniques pour préparer les patients et ainsi augmenter la cadence des examens.

Le Protecteur du citoyen propose toutefois des mesures additionnelles pour que les longs délais d’attente soient résorbés le plus rapidement possible. Il formule cinq recommandations concernant entre autres la poursuite de l’embauche et de la formation de technologues, la gestion des listes d’attente et les processus de travail. Le CHUM a accepté de les mettre en œuvre, est-il indiqué dans le rapport.

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