Trop tôt? La Géorgie intéresse les aspirants candidats à la Maison-Blanche

ATLANTA — Écartez-vous, l’Iowa et le New Hamsphire. La Géorgie souhaiterait profiter de quelques instants de la campagne présidentielle.

L’État est devenu un lieu de rassemblement de possibles candidats à l’investiture républicaine après la défaite du président Donald Trump. Alors que des votes sont encore comptés pour l’élection présidentielle de ce mois-ci, le deuxième tour des élections au Sénat dans l’État donne l’occasion à des politiciens républicains de faire campagne, de tisser des liens et se faire connaître.

Est-il trop tôt?

Pas pour le sénateur de la Floride, Marco Rubio, qui est débarqué en Géorgie la semaine dernière pour appuyer ses collègues David Perdue et Kelly Loeffler, qui doivent se mesurer aux démocrates Jon Ossoff et Raphael Warnock au deuxième tour.

L’autre sénateur de la Floride, Rick Scott, était de passage vendredi dernier. Tom Cotton, le sénateur de l’Arkansas dont les ambitions présidentielles sont bien connues, s’est rendu en Géorgie jeudi. Le vice-président Mike Pence doit visiter l’État vendredi.

Pendant ce temps, le sénateur du Missouri, Josh Hawley, a envoyé une vague de courriels de collecte de fonds incitant les républicains à financer les campagnes de second tour en Géorgie. Le sénateur du Texas Ted Cruz, ancien candidat à la présidentielle, a mentionné les courses dans ses apparitions à la télévision. La page d’accueil du site web de la campagne de Mme Loeffler présente d’ailleurs une photo de la sénatrice avec l’ancienne gouverneure de la Caroline du Sud, Nikki Haley.

«La Géorgie donne à quiconque réfléchit sa propre course une chance de passer à action, ce qui permet de montrer son leadership et sa capacité de campagne», a expliqué Matt Moore, un républicain qui a vu beaucoup d’ambition présidentielle en tant que chef du Parti républicain de la Caroline du Sud en 2016.

Il n’est pas anormal de voir des politiciens nationaux aller sur le terrain en Géorgie, puisque le contrôle du Sénat dépend des résultats du second tour du 5 janvier. Les républicains et les démocrates y investissent beaucoup d’argent et de ressources. La course sénatoriale se déroulait alors que les responsables électoraux géorgiens effectuaient un décompte manuel des votes dans la course à la présidentielle qui place le président élu Joe Biden en avance sur Donald Trump par seulement 0,3 point de pourcentage. L’Associated Press n’a pas déclaré de gagnant dans l’État.

Il est à noter que Donald Trump, le candidat potentiel le plus populaire pour 2024, n’a pas encore prévu de visite en Géorgie. Le président défait a discuté de la possibilité de se représenter, même s’il a refusé de concéder la victoire à son adversaire cette fois-ci.

Le «trumpisme» bien établi

Malgré cette défaite, M. Trump a gagné des millions de votes de plus qu’en 2016, en raison d’une forte participation dans les régions rurales et les petites communautés, ce qui a aidé les républicains à remporter de nouveaux sièges à la Chambre des représentants et à protéger des sénateurs républicains qui étaient en danger.

Cette popularité menace les aspirants candidats à la Maison-Blanche qui voudraient dénoncer les faussetés propagées par le président. Et cela leur donne un incitatif pour se ranger derrière lui, même s’il empêche une transition pacifique des pouvoirs.

«Il a démontré que la base républicaine est encore sa base, a avancé M. Moore. C’est l’histoire de 2020. Il n’est pas juste question de collecte de fonds et de faire le tour du parti. Ces candidats veulent démontrer qu’ils peuvent tisser des liens avec les électeurs (comme l’a fait Trump).»

Rick Tyler, un détracteur du président et ancien employé de la campagne de Ted Cruz en 2016, affirme que c’est plus facile à dire qu’à faire, en particulier pour les républicains qui tentent d’établir une identité distincte du président sortant. «Tant qu’il n’y aura pas de remède contre le trumpisme, les candidats à la présidentielle républicaine de 2024 resteront aussi figés qu’un vaccin contre la COVID», a raillé M. Tyler.

Certains candidats évitent le sujet

Rick Scott, s’adressant à un restaurant rempli dans la région d’Atlanta, a attiré les applaudissements les plus nourris lorsqu’il a dit qu’il avait parlé «à la Maison-Blanche» avant d’arriver, ajoutant que le «président aimait la Géorgie».

En banlieue d’Atlanta, Marco Rubio n’a pas fait mention de M. Trump lorsqu’il a fait un discours devant des centaines d’électeurs républicains, dont certains portaient des macarons de sa campagne de 2016 à la présidence. Mais ils étaient beaucoup plus nombreux à arborer les fameuses casquettes «Make America Great Again» du président Trump.

«Je crois que tout le monde doit se calmer, a-t-il soutenu. Nous avons un processus électoral dans ce pays», a-t-il soutenu. En décembre, a-t-il dit, le collège électoral choisira le président «et ce président prêtera serment le 20 janvier».

À la foire de l’État jeudi, M. Cotton a également évité de parler du président, mettant l’accent sur le contrôle du Sénat. «Maintenant, nous prenons la Géorgie, puis nous changeons le monde», a-t-il clamé. 

Aucun de ces visiteurs n’a toutefois clairement dit qu’il se présenterait à la présidence. Lorsque M. Rubio a fait campagne avec Mme Loeffler, il n’a pas parlé de sa course de 2016 ou de la possibilité de se présenter prochainement.

M. Scott, de son côté, a insisté pour dire qu’il était en Géorgie en tant que prochain président de la campagne des républicains au Sénat. 

Brian Colas, un conseiller politique de M. Cotton, a rappelé que le sénateur avait visité la Géorgie avant le mois de novembre et qu’il ne faisait qu’appuyer ses collègues et amis.

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