Cinq élections partielles au fédéral le 3 avril, notamment pour remplacer Dion

OTTAWA – Le siège de Stéphane Dion n’aura pas été vide bien longtemps. Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé mercredi que l’élection complémentaire dans Saint-Laurent se tiendrait le 3 avril prochain, en même temps que quatre autres scrutins en Ontario et en Alberta.

On dit généralement que les premières partielles constituent le «premier vrai test de leadership» d’un gouvernement, mais en réalité, celles-ci risquent de réserver peu de surprises, sauf peut-être dans Markham—Thornhill, en Ontario, où le siège de l’ex-ministre John McCallum doit être comblé.

Mais du côté de l’Alberta, il y a fort à parier que les conservateurs conserveront le siège qui était détenu par l’ancien premier ministre Stephen Harper dans Calgary Heritage et celui qu’occupait l’ex-ministre de l’Immigration et de la Défense Jason Kenney du côté de Calgary Midnapore.

On voit par ailleurs mal les libéraux s’incliner dans Ottawa—Vanier, château fort que représentait Mauril Bélanger jusqu’à son décès, en août dernier, et encore moins subir une raclée dans le fief de Saint-Laurent — Stéphane Dion s’y est fait élire à huit reprises sans interruption depuis 1996.

Mais l’une de celles qui se sont lancées dans la course à la succession de l’ex-ministre, Yolande James, assure que «rien n’est gagné d’avance». Ni pour les libéraux dans le comté, ni pour elle, qui devra d’abord se faire désigner candidate libérale par les militants d’un comté qu’elle n’habite pas.

Son seul adversaire déclaré dans cette course, le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, a misé sur sa proximité avec la communauté lorsqu’il a confirmé son intention de briguer l’investiture il y a environ deux semaines.

«C’est vrai que je ne suis pas native de Saint-Laurent, mais j’habite quand même à 10-15 minutes d’ici, et je suis allée au cégep ici», a affirmé Mme James en entrevue avec La Presse canadienne, s’engageant du même souffle à déménager dans la circonscription si elle l’emporte en avril.

Celle qui portait le chapeau de commentatrice politique à l’émission «Les Ex» depuis l’été 2014 dit avoir été approchée par les libéraux fédéraux pour se lancer dans la course. Femme, bilingue, issue d’une minorité visible, elle semble être taillée sur mesure pour un poste de ministre.

Lui a-t-on promis une chaise à la table du cabinet? «Je suis une candidate à l’investiture. Je suis une candidate comme les autres, a-t-elle insisté. Mon souhait, c’est de gagner (l’investiture), et éventuellement, d’être députée et membre du caucus libéral.»

Les forces en présence

Le Parti libéral du Canada (PLC) n’a pas confirmé combien de personnes sont officiellement sur les blocs de départ pour la course à la succession de Stéphane Dion, qui est devenu ambassadeur du Canada auprès de l’Allemagne et de l’Union européenne après avoir été écarté du cabinet.

La professeure et fiscaliste Marwah Rizqy, qui s’était présentée dans Hochelaga à la dernière élection, a fait savoir qu’elle serait de la course. De son côté, l’ancien «dragon» de l’émission «Dans l’oeil du dragon», François Lambert, qui a songé se briguer l’investiture, a finalement renoncé.

L’homme d’affaires a offert mercredi son appui à Yolande James. Car avec ce qui se passe actuellement dans le dossier de l’immigration, «son expertise (comme ministre de l’Immigration à Québec) ne sera pas de trop», a-t-il dit à La Presse canadienne.

La date de l’assemblée d’investiture dans Saint-Laurent n’a pas encore été fixée, a signalé mercredi le PLC. D’ici là, Mme James continuera à arpenter les rues de la circonscription montréalaise afin de poursuivre son travail de recrutement qui, à l’heure actuelle, «se passe bien», a-t-elle indiqué.

Lors de la dernière élection, en octobre 2015, Stéphane Dion avait terrassé ses adversaires, récoltant 61,6 pour cent des suffrages exprimés. Il était suivi d’un conservateur (19,5 pour cent), d’un néo-démocrate (11,5 pour cent) et, de très loin, par un bloquiste (4,7 pour cent).

Au Parti conservateur, l’appel aux candidatures n’a pas encore été lancé en prévision de l’élection partielle au Québec, a écrit mercredi dans un courriel le directeur des communications, Cory Hann.

Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), «le parti et l’association locale sont en contact avec certains candidats potentiels, plusieurs personnes ont exprimé de l’intérêt pour la nomination mais il n’y a encore rien d’officiel», a écrit le porte-parole Guillaume Francoeur.