Trudeau annonce que la Subvention salariale d’urgence sera prolongée après juin

Ottawa prolonge un premier programme d’aide pour aider les entreprises à réembaucher leurs employés et ainsi participer à la relance économique qui s’amorce au Canada.

La Subvention salariale d’urgence, qui fournit 75 % du salaire des employés jusqu’à concurrence de 847 $ par semaine payés par Ottawa, devait initialement prendre fin le 6 juin 2020.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi qu’elle sera prolongée au-delà de cette date. Invité à fournir un échéancier plus précis, il a dit que plus de détails viendront la semaine prochaine. Puis, il a tenté de se faire plus rassurant.

«Mais je veux déjà dire aux entreprises (…) que la subvention salariale va être en place pendant un bon moment encore. Et donc, ils devraient commencer à réembaucher leurs travailleurs pour pouvoir créer ce lien entre travailleurs et emploi pour bien pouvoir relancer rapidement l’économie», a-t-il dit lors de son point de presse quotidien.

Depuis le lancement du portail la semaine dernière, quelque 120 000 employeurs ont déjà déposé des demandes de subvention pour payer les salaires d’environ 1,7 million de travailleurs, a expliqué le président du Conseil du trésor, Jean-Yves Duclos. Un peu plus de 80 % de ces demandes ont été approuvées.

Statistique Canada a dévoilé vendredi matin que l’économie canadienne a perdu près de deux millions d’emplois en avril. Le taux de chômage a grimpé à 13,0 % dans l’ensemble du pays le mois dernier, mais a augmenté plus rapidement au Québec, où il s’est établi à 17 %.

Ces chiffres sont peu étonnants, étant donné la popularité de la Prestation canadienne d’urgence de 2000 $ par mois qui a rejoint plus de sept millions de Canadiens jusqu’à maintenant. M. Trudeau espère que «moins de gens vont avoir besoin de la prestation d’urgence» parce qu’ils vont retourner travailler.

Perrin Beatty, président de la Chambre de commerce du Canada, a fait valoir que les chiffres dévoilés vendredi reflètent la réalité du chômage avant la mise en place de la subvention salariale. Il espère voir un «rebond» économique grâce à cette subvention en mai.

Consultations pour l’industrie

Le gouvernement fédéral met également sur pied un Conseil sur la stratégie industrielle afin de mieux comprendre les conséquences de la pandémie sur les différents secteurs de l’économie.

Ce conseil sera dirigé par le ministre de l’Industrie, Navdeep Bains, et présidé par la femme d’affaires québécoise Monique Leroux.

Dans les 90 prochains jours, les membres du conseil s’affaireront à cibler les secteurs les plus touchés par la pandémie de la COVID-19. Ils fourniront ensuite des recommandations aux ministres fédéraux concernés.

Mais le premier ministre avertit que même lorsqu’une aide spécifique viendra pour un secteur précis, son gouvernement se penchera sur le bien-être des travailleurs — pas le «bien-être corporatif».

Aide à la culture et aux sports

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a offert plus de détails sur son fonds de 500 millions $ annoncé il y a trois semaines dédié aux secteurs des arts, de la culture et des sports.

«Certaines des mesures que nous avons mises en place ne fonctionnent pas nécessairement ou pas autant dans ces secteurs-là qu’elles le font dans d’autres secteurs», a indiqué M. Guilbeault.

Les fonds seront versés par le biais du Conseil des arts du Canada, du Fonds des médias du Canada, FACTOR, Musicaction et Téléfilm Canada, entre autres. Cet argent viendra combler «certains manquements» des programmes existants, a dit M. Guilbeault.

Le ministre a donné l’exemple d’un 72 millions $ dédié aux organismes sportifs, qui aideront des athlètes déjà qualifiés pour les Jeux olympiques à poursuivre leur entraînement jusqu’en 2021 — date des nouveaux JO.

Les organismes ne pourront cependant pas solliciter plusieurs sources de financement pour couvrir les mêmes dépenses, est-il précisé dans un document d’information de Patrimoine Canada.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 1,03 million de tests administrés au Canada jusqu’à maintenant. Environ 6 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Les tests ont permis de déceler 66 434 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 4569 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 36 150 cas au Québec, dont 2725 décès; 19 598 cas en Ontario, dont 1540 décès; 6098 cas en Alberta, dont 115 décès; 2315 cas en Colombie-Britannique, dont 127 décès; 1008 cas en Nouvelle-Écosse, dont 46 décès; 544 cas en Saskatchewan, dont six décès; 284 cas au Manitoba, dont sept décès; 261 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 120 cas au Nouveau-Brunswick, dont 118 guéris; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

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