Trudeau assure que les Canadiens partis à l’étranger en vacances n’auront pas 1000 $

OTTAWA — Justin Trudeau assure que la prestation de 1000 $ prévue pour deux semaines de congé forcé à cause de la COVID-19 ne sera pas versée aux Canadiens qui rentrent de vacances à l’étranger.

Le premier ministre est revenu sur ce sujet à sa première sortie de l’année devant les journalistes, mardi avant-midi.

«Mon message à ceux qui sont allés dans le Sud est clair: vous n’aurez pas droit à cette prestation, elle n’est pas prévue pour vous», a-t-il martelé devant sa résidence de Rideau Cottage.  

M. Trudeau a dit qu’il partage aussi la colère de ceux qui font des sacrifices depuis le début de la pandémie et qui voient des gens faire fi des recommandations de la santé publique. 

Il a dit qu’il a demandé à ses ministres de trouver le moyen de s’assurer que cette prestation fédérale ne sera pas payée aux vacanciers. Il n’avait cependant toujours pas de détails sur la façon dont cela se fera, se contentant de répéter qu’il en aura plus à dire «dans les jours à venir».

La prestation, votée à l’unanimité par la Chambre des communes en septembre dernier, est disponible pour les personnes obligées d’arrêter de travailler pour se mettre en quarantaine et qui n’ont pas droit à un congé de maladie payé de leur employeur.

Dans un communiqué de presse, le Bloc québécois a suggéré de rappeler le Parlement le plus rapidement possible afin de procéder à un amendement législatif qui réserverait la prestation de 1000 $ pour les déplacements essentiels seulement. 

Le gouvernement fédéral semble déjà avoir trouvé une solution pour régler cette faille dans la loi. «Nous avons un plan très détaillé (…) et c’est très clair que ce sera en place au premier moment», a déclaré le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, en point de presse. 

M. Trudeau n’a pas manqué d’écorcher les politiciens fédéraux et provinciaux qui ont voyagé à l’extérieur du pays ces derniers mois, faisant fi des consignes de santé publique. 

«Nous avons une position de responsabilité envers les Canadiens en tant que politiciens, de les servir, de montrer l’exemple. Et c’est pour ça que c’est si décevant de voir des gens faire des erreurs de jugement comme ils ont fait», a-t-il affirmé. 

Vaccination trop lente?

M. Trudeau a également partagé sa préoccupation face aux campagnes de vaccination des provinces. Il a laissé entendre qu’il les voudrait plus rapides. Le sujet sera à l’ordre du jour, jeudi, lors d’une rencontre avec les premiers ministres des provinces et des territoires. 

«Je sais qu’il y a une impatience parmi tous les Canadiens que je partage absolument», a-t-il dit. «On ne veut pas voir des vaccins dans les congélateurs, on veut les voir dans les bras des Canadiens vulnérables», a-t-il ajouté, lors de son point de presse de mardi. 

Ottawa livre les doses de vaccin achetées par le gouvernement fédéral, mais ce sont les gouvernements provinciaux qui doivent vacciner la population. 

Jusqu’à maintenant, plus de 424 000 doses des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna ont été livrées aux provinces et aux territoires. Des compilations effectuées par des tiers suggèrent qu’environ 35 % de ces doses ont été utilisées jusqu’à maintenant pour vacciner les Canadiens.

Le Canada devrait recevoir plus de 1,2 million de doses d’ici la fin du mois de janvier, selon le major-général Dany Fortin, qui s’occupe de la distribution. 

Le ministre LeBlanc a soutenu que la discussion de jeudi permettra de voir comment les provinces peuvent augmenter la cadence. «Évidemment, comme toujours, comme depuis le début, si le gouvernement fédéral peut les appuyer, nous serons évidemment là pour le faire», a-t-il dit. 

Variant du virus au Canada

À ce jour, l’Agence de la santé publique du Canada a recensé neuf cas du variant de la COVID-19 apparu initialement au Royaume-Uni. On ne compte aucun autre signalement de variant du virus, y compris celui détecté en Afrique du Sud.

L’administratrice en chef de la santé publique, Dre Theresa Tam, soutient que les neuf cas recensés au Canada sont liés à de récents voyages.

Elle a insisté sur l’importance de redoubler d’efforts pour éviter la contagion de cette nouvelle mutation du virus et a laissé entendre qu’il y aurait des mesures plus musclées à venir à l’endroit de certains voyageurs à la frontière.

«Nous essayons d’en faire autant que possible pour renforcer nos mesures d’application de la quarantaine. (…) Les voyageurs du Royaume-Uni, ainsi que ceux d’Afrique du Sud, (…) recevront une attention supplémentaire de nos officiers de quarantaine», a-t-elle dit. 

Il n’est toutefois pas question d’interdire aux Canadiens de quitter le pays, selon le ministre LeBlanc. «Si vous regardez les pays qui exigent des visas de sortie, je doute que nous voudrions faire partie de cette liste», a-t-il dit, en point de presse. 

«Mais n’importe quelle mesure qui décourage les Canadiens de faire des voyages non essentiels à l’international, c’est quelque chose que nous sommes prêts à examiner. Nous ne pouvons pas être plus clairs», a-t-il conclu. 

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