Taxe sur le carbone: Trudeau accuse des premiers ministres d’être malhonnêtes

WINNIPEG — Le premier ministre Justin Trudeau a accusé jeudi certains politiciens d’être malhonnêtes au sujet des effets de la taxe fédérale sur le carbone.

Le commentaire, visant en partie la première ministre du Manitoba Heather Stefanson, était le dernier chapitre d’un différend de longue date sur la tarification du carbone entre la province et Ottawa.

M. Trudeau, qui a rencontré jeudi Mme Stefanson, soutient qu’une famille moyenne reçoit plus d’argent du prix fédéral sur la pollution.

Il a dit que la première ministre manitobaine et d’autres dirigeants de l’ensemble du pays «ne semblent pas être honnêtes avec les Canadiens». 

«Dans des endroits comme le Manitoba, où le prix fédéral de la pollution s’applique, les familles moyennes obtiennent plus d’argent en retour du prix sur la pollution que ce que le prix supplémentaire sur la pollution leur coûte», a déclaré jeudi M. Trudeau à Winnipeg, peu avant une rencontre d’une demi-heure avec Mme Stefanson.

«Nous avons trouvé un moyen de lutter contre le changement climatique tout en soutenant les familles qui en ont besoin et c’est quelque chose que nous allons continuer à faire.»

Les commentaires de M. Trudeau répondaient à la demande de Mme Stefanson de suspendre temporairement la taxe fédérale sur le carbone afin d’aider les gens à faire face à l’inflation. Elle a envoyé plus tôt cette année une lettre conjointe avec le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, exhortant M. Trudeau à agir en ce sens.

Après la réunion, Mme Stefanson a déclaré qu’elle et M. Trudeau avaient discuté de la question, mais qu’ils étaient toujours en désaccord. Elle a soutenu qu’il serait plus utile de suspendre la taxe que de la percevoir puis d’accorder des remises.

«Les Manitobains ont besoin de cet argent maintenant. Alors, plutôt que de leur retirer l’argent et d’avoir recours à des remises et tout cela, laissez-leur simplement l’argent», a-t-elle fait valoir. 

Justin Trudeau avait également débattu avec le prédécesseur de Mme Stefanson, Brian Pallister, au sujet de la tarification du carbone. Le gouvernement progressiste-conservateur de la province avait prévu de mettre en place sa propre taxe sur le carbone en 2017, mais l’avait retirée après qu’Ottawa a déclaré que la taxe provinciale n’était pas assez élevée.

Le gouvernement libéral fédéral a alors imposé son propre système de «filet de sécurité». Il ajoute au prix de l’essence, du gaz naturel et d’autres biens, puis rembourse l’argent au moyen de chèques de remise.

Le Manitoba a porté l’affaire devant les tribunaux et a fait valoir que le gouvernement fédéral n’avait pas le droit d’imposer ce filet de sécurité. La Cour fédérale s’est rangée du côté d’Ottawa l’an dernier.

Plus tôt jeudi, les quatre premiers ministres des provinces atlantiques ont envoyé une lettre au gouvernement fédéral demandant une courte prolongation pour soumettre leur plan carbone. Ils soutiennent que les coûts supplémentaires de la taxe amplifieraient les pressions de l’inflation au Canada atlantique.

La date limite d’Ottawa pour que les provinces soumettent leurs plans est vendredi.

Justin Trudeau a reconnu que les Canadiens sont confrontés à des défis en matière d’abordabilité, mais a déclaré que le Canada continuera de mener la lutte contre le changement climatique tout en soutenant les familles.

Les progressistes-conservateurs de Stefanson ont travaillé plus harmonieusement avec le gouvernement fédéral sur plusieurs dossiers, concluant notamment une entente pour moderniser la ligne de chemin de fer jusqu’à Churchill, dans le Nord de la province. Les deux gouvernements travaillent également ensemble pour augmenter les niveaux d’immigration.

Cependant, il y a aussi des points de discorde. 

Mme Stefanson a également critiqué le plan du gouvernement fédéral visant à réduire les émissions attribuables aux engrais, de 30 % d’ici 2030. Cette question a été discutée lors de la réunion a fait savoir Mme Stefanson, et elle et le premier ministre continuent d’être en désaccord.

Pendant son séjour à Winnipeg, M. Trudeau a rencontré des étudiants en sciences infirmières de l’Université de Saint-Boniface dans une simulation de chambre d’hôpital comprenant huit lits entièrement équipés et des mannequins en guise de patients.

M. Trudeau était accompagné de Dan Vandal, le ministre responsable des Affaires du Nord et du Développement économique des Prairies. Il a parlé aux étudiants en français sur le choix d’une carrière en soins de santé.

M. Trudeau a rencontré plus tard des enfants et des parents dans une garderie. 

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