Trudeau compare le discours bloquiste aux dérapages américains

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau s’en prend vertement au chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Vendredi, M. Trudeau est allé jusqu’à comparer le discours bloquiste à ce qui, au sud de la frontière, a mené aux dérapages de la semaine dernière.

Mercredi matin, le Bloc québécois a diffusé un communiqué pour réagir au remaniement ministériel de la veille.

«Le chef bloquiste refuse d’accuser qui que ce soit, mais des questions se posent sur la proximité du nouveau ministre des Transports, Omar Alghabra, avec le mouvement islamique politique dont il a été un dirigeant pendant plusieurs années», pouvait-on y lire.

Invité à préciser, le bureau de M. Blanchet a pointé une chronique de Lise Ravary du Journal de Montréal, vieille de cinq ans. Le texte publié en janvier 2016 soulignait le passage de M. Alghabra à la tête d’un organisme, la Canadian Arab Federation.

Le gouvernement de Stephen Harper a coupé les fonds fédéraux à cet organisme, prétextant ses liens avec le Hamas et le Hezbollah. M. Alghabra ne dirigeait plus la fédération lors de cette querelle avec le gouvernement conservateur.

La querelle a abouti devant les tribunaux qui, tout en jugeant que le gouvernement fédéral avait le droit de mettre fin aux subventions, n’ont jamais confirmé un quelconque lien entre la fédération et le Hamas ou le Hezbollah.

Aucun reproche direct à M. Alghabra, basé sur des événements concrets, n’a été fait par le Bloc québécois. «On n’ira pas au bat avec ça», a-t-on assuré au bureau de M. Blanchet, mercredi, en répétant qu’on se contentait de poser des questions.

Les politiciens libéraux n’allaient pas en rester là. Et s’en est suivie une pluie de reproches à M. Blanchet, sur Twitter.

Vendredi, Justin Trudeau a saisi l’occasion d’une question de journaliste pour en rajouter.

«J’ai été tellement étonné de voir les propos inacceptables de M. Blanchet, surtout après la semaine qu’on vient de vivre aux États-Unis où on voit à quel point (il y a eu) des insinuations (…) et cet encouragement de l’intolérance et de la haine… par des propos tout à fait innocents, qui ne veulent rien dire… Ben voyons!» a lancé M. Trudeau.

«Cette intolérance cachée, cet encouragement de soupçonner n’a pas sa place au Canada et ce n’est pas digne d’un chef de parti fédéral», a-t-il ajouté.

Au Bloc québécois, on préfère ne pas relever le gant.

«On ne fera pas plus de commentaires pour l’instant. Ce qu’on a fait, c’est poser des questions légitimes. C’est notre rôle comme parti d’opposition. Et on a fait notre travail là-dessus», a dit, au bout du fil, le porte-parole de M. Blanchet, Julien Coulombe-Bonnafous.

Laisser un commentaire