Trudeau annonce que l’armée canadienne sera plus présente dans l’Indo-Pacifique

BANGKOK — Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que la prochaine stratégie indo-pacifique du Canada comprendra de nouveaux investissements pour renforcer le rôle que jouent les Forces armées canadiennes dans la région.

Lors de son point de presse de clôture au forum de coopération économique Asie-Pacifique, à Bangkok en Thaïlande, M. Trudeau a expliqué qu’une présence accrue de l’armée canadienne dans cette région améliorera la sécurité dans des pays alliés comme le Japon et la Corée du Sud. 

Mais les discussions au forum ont rapidement été monopolisées vendredi par le lancement, par la Corée du Nord, d’un missile balistique qui est tombé près des eaux du Japon.

«Nous condamnons avec la plus ferme intention les actes irresponsables de la Corée du Nord», a affirmé le premier ministre en mêlée de presse devant les journalistes.

Les États-Unis, par l’entremise de leur vice-présidente Kamala Harris, ont convoqué une réunion d’urgence avec les dirigeants du Japon, de la Corée du Sud, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada en réponse à ce lancement.

Selon M. Trudeau, les nouveaux lancements de la Corée du Nord doivent être dénoncés par tout le monde, et ce, partout sur la planète.

«Nous allons continuer d’être là, avec nos partenaires, au niveau de la défense et des opérations militaires pour assurer que les sanctions des Nations unies [contre la Corée du Nord] soient respectées», a soutenu le premier ministre.

Investissement de 183 millions $

La participation du Canada au forum de coopération économique Asie-Pacifique s’est conclue par une promesse de financement de près de 183 millions $ sur cinq ans pour renforcer les liens avec cette région, dans le cadre de la stratégie indo-pacifique que le gouvernement libéral a commencé à déployer.

De ce montant, 92,5 millions $ serviront à créer environ 60 nouveaux emplois, tant dans les missions du Canada dans la région qu’au sein d’Affaires mondiales Canada.

«Cela va augmenter la présence du Canada ici sur le terrain et approfondira les relations diplomatiques importantes que nous créons», a souligné la ministre du Commerce international, Mary Ng.

Et avant de se retirer pour aborder la question du tir de missile de la Corée du Nord, M. Trudeau a annoncé qu’Ottawa dépensera 13,5 millions $ pour mettre sur pied une équipe, au Canada et en Asie, responsable de former des partenariats énergétiques.

«L’Indo-Pacifique est la région économique qui connaît la croissance la plus rapide au monde. Ça veut dire énormément de potentiel pour le Canada», a rappelé M. Trudeau lors de sa conférence de presse, avant de répondre aux questions des journalistes.

Le premier ministre avait déjà évoqué l’idée d’exporter plus de gaz naturel vers le Japon et la Corée du Sud, mais son bureau a ajouté qu’il souhaitait également échanger des ressources naturelles avec l’Inde, l’Australie, l’Indonésie, Singapour et Taïwan.

Contexte géopolitique

Lors d’autres réunions au forum, M. Trudeau a aussi abordé l’invasion de la Russie en Ukraine et souligné l’importance de l’Organisation mondiale du commerce dans le respect des règles commerciales.

Pendant l’une des rencontres entre les dirigeants, M. Trudeau était assis entre les chefs de gouvernement du Brunei et du Chili, car ils étaient classés par ordre alphabétique du nom anglais de chaque pays. Cette manière de placer les dirigeants autour de la table a peut-être évité une autre rencontre délicate entre M. Trudeau et le président chinois Xi Jinping.

Le président Xi a été filmé mercredi accusant M. Trudeau de nuire aux relations diplomatiques entre les deux pays, puisqu’il a révélé aux médias les grandes lignes d’une rencontre qu’ils ont eue en privé au sommet du G20.

M. Trudeau a également déjeuné avec les dirigeants des 21 membres du forum, ainsi qu’avec des invités que le gouvernement thaïlandais a invités, dont le premier ministre saoudien, le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Questionné au sujet de sa rencontre avec le prince héritier, M. Trudeau a mentionné qu’il avait évoqué le bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits de la personne et que le Canada devait travailler avec des pays «de tous horizons» pour faire progresser des dossiers comme les changements climatiques et l’économie.

«Comme toujours, dans ces sommets, on rassemble des gens de différents pays, incluant des pays avec qui on a des différends importants, a-t-il rappelé. Mais dans chacune de mes rencontres, je souligne l’importance des droits humains et je représente les perspectives et les valeurs de tous les Canadiens.»

Prochain arrêt: la Tunisie

Après des passages au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, au Cambodge, au sommet du G20, en Indonésie, et au forum de coopération économique Asie-Pacifique, en Thaïlande, M. Trudeau terminera sa tournée de l’Indo-Pacifique avec un arrêt au 18e Sommet de la Francophonie, en Tunisie.

La réunion rassemblera des dirigeants de pays et de régions ayant une importante population francophone, pour discuter de plusieurs sujets, de la politique économique à l’utilisation du français à l’ère numérique.

M. Trudeau devrait rencontrer des dirigeants de toute l’Afrique, dont beaucoup sont préoccupés par l’instabilité causée par la flambée des prix des denrées alimentaires qui, selon les libéraux, a été aggravée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Le premier ministre aura sans doute aussi l’occasion de croiser son homologue du Québec, François Legault, avec qui une conversation sur les transferts en santé sera probablement à l’ordre du jour.

M. Trudeau doit rentrer à Ottawa lundi matin.

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