Trudeau croit que le dossier du vice-amiral Norman ira devant les tribunaux

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau croit que l’enquête policière sur le vice-amiral Mark Norman mènera «inévitablement» à des «procédures judiciaires» et ce, même si le numéro deux au sein de l’état-major de l’armée canadienne ne fait l’objet d’aucune accusation criminelle pour l’instant.

M. Trudeau a fait ces commentaires lors d’une assemblée publique à Edmonton, jeudi, après que l’un des membres du public eut caractérisé l’enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de «chasse aux sorcières».

L’individu a fait valoir que Mark Norman avait servi son pays fidèlement pendant plus de 30 ans.

Des documents judiciaires démontrent que la GRC soupçonne le vice-amiral d’avoir coulé des documents ministériels secrets au Chantier Davie, de Lévis, par crainte que les libéraux annulent le projet de construction de navires. 

M. Norman a été suspendu de ses fonctions de numéro deux de l’armée en janvier 2017, mais il n’a pas été accusé et par la voie de son avocat, il a nié avoir commis quoi que ce soit de mal.

En réponse à cette question, M. Trudeau a déclaré que la divulgation de secrets ministériels «n’arrivait pas chaque jour» et que c’était un enjeu à prendre «très, très au sérieux».

Le premier ministre a ajouté que le dossier contre M. Norman «allait de l’avant en matière d’enquête et qu’il mènera inévitablement à des procédures judiciaires», sans donner plus de détails sur cette analyse.

La porte-parole de la GRC, Stéphanie Dumoulin, a confirmé vendredi que l’enquête était en cours, mais elle s’est refusé tout autre commentaire.

M. Trudeau avait aussi prédit en avril dernier que ce dossier finirait devant les tribunaux, attirant la grogne des conservateurs qui accusent le premier ministre de s’ingérer dans les affaires judiciaires.

«Après avoir consacré sa vie aux Forces armées canadiennes, la carrière du vice-amiral Mark Norman est mise en suspens depuis plus d’un an», a déploré le porte-parole conservateur en matière de défense, James Bezan, lors de la période de questions jeudi.

«Pourquoi le premier ministre s’ingère politiquement dans le dossier du vice-amiral normal et nie son droit, oui, son droit, à un processus régulier en prenant tant de temps?»