Trudeau défend son processus de sélection de Julie Payette comme gouverneure générale

OTTAWA — Au lendemain de la démission de la gouverneure générale, Justin Trudeau maintient que son choix de Julie Payette en 2017 était le bon.

«Je pense que Mme Payette, avec son emphase sur la science et le service, a amené énormément de positif dans son service», a offert le premier ministre, à son point de presse vendredi matin, devant sa résidence officielle.

Il a cependant rapidement enchaîné en insistant sur la nécessité que chacun puisse avoir un milieu de travail «sain et sécuritaire».

Le premier ministre n’a pas voulu dire si, en 2017, deux anciens employeurs de Mme Payette ont été approchés par le gouvernement fédéral pour que soit vérifié le passé de l’ancienne astronaute avant qu’elle ne soit nommée au poste de gouverneure générale.

Ces derniers mois, des journalistes ont rapporté que Mme Payette a fait l’objet de plaintes lorsqu’elle était à l’emploi du Centre de sciences de Montréal et du Comité olympique canadien.

Mme Payette quitte ses fonctions alors qu’un rapport d’enquête confirme les allégations d’employés de Rideau Hall.

«Il y avait une description très inquiétante du milieu de travail. Il y avait une consistance chez plusieurs douzaines d’employés. Alors ce n’était pas des circonstances uniques», a confié en entrevue téléphonique, jeudi soir, Dominic LeBlanc. Le président du Conseil privé a lu le rapport de la firme privée chargée par le gouvernement d’enquêter sur cette affaire.

Tout en défendant son processus de sélection de 2017, M. Trudeau s’est dit ouvert à le changer pour la prochaine fois.

«Nous allons examiner les façons de l’améliorer», a-t-il promis.

Richard Wagner, juge en chef du Canada, remplit les fonctions abandonnées par Mme Payette, en attendant son successeur. Une situation qui ne peut pas durer très longtemps.

«On ne voit pas le juge en chef occuper cette fonction constitutionnelle pour plusieurs semaines», a dit le ministre LeBlanc.

Le chef conservateur Erin O’Toole réclame un retour au processus de sélection du gouverneur général instauré par Stephen Harper lorsqu’il était au pouvoir.

M. Trudeau a également annoncé qu’il avait parlé directement à la reine Elizabeth II, vendredi matin, pour l’informer du sort de sa représentante au Canada.

Buckingham Palace a été tenu au courant des développements de cette affaire, ces derniers jours.

Le comportement de Mme Payette a été dénoncé dans des reportages de CBC depuis l’été dernier. 

Le rapport livré au gouvernement par la firme privée a scellé son sort, cette semaine.

«J’ai eu la chance de m’asseoir en personne avec Mme Payette pour parler de la situation, a rapporté M. Trudeau. Elle a exprimé qu’elle croyait que pour le bien de l’institution et du pays, elle devait soumettre sa démission et je l’ai acceptée.»

Laisser un commentaire