Santé: Trudeau convoque les premiers ministres provinciaux à une réunion le 7 février

Le premier ministre Justin Trudeau a accepté mercredi de rencontrer ses vis-à-vis provinciaux et territoriaux pour discuter d’une entente sur le financement de la santé, alors que ces derniers s’époumonaient à lui en faire la demande depuis plus de deux ans.

«Ce matin, j’ai invité les premiers ministres à se joindre à moi à Ottawa le 7 février pour une rencontre de travail sur la santé», a annoncé M. Trudeau lors d’une conférence de presse dans un centre de recherche de l’Université McMaster, à Hamilton, en Ontario.

La rencontre n’a pas pour objectif de signer une ententele jour même, a-t-il précisé lorsque questionné sur l’issue souhaitée. Il a néanmoins signalé qu’il considère que ses vis-à-vis et lui sont «alignés dans la bonne direction».

«On devrait pouvoir conclure, dans les semaines qui viennent, de bons accords, mais c’est une rencontre de travail et ce ne sera pas le moment de célébrer», a ajouté le premier ministre fédéral alors qu’il amorçait la troisième et dernière journée de retraite avec son conseil des ministres avant la reprise des travaux de la Chambre des communes.

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a renchéri qu’Ottawa souhaite que les discussions débouchent rapidement vers un accord ficelé, une fois la rencontre du 7 février passée.

«Nous aimerions avoir un accord avant même que le budget soit présenté», a-t-il dit en mêlée de presse.

Il a affirmé qu’il s’attend à une réunion «constructive» dans moins de deux semaines. «Il y a énormément en commun déjà. La volonté des premiers ministres à qui j’ai parlé au fil des derniers jours, tout comme M. Trudeau avec M. Legault hier soir (mardi), nous fait penser que dans les jours et les semaines qui vont suivre le 7 février, on pourra – on espère – (s’entendre).»

Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a précisé que l’idée était, le 7 février, de présenter «l’offre du gouvernement canadien».

Il n’a pas confirmé si l’entente telle qu’envisagé s’échelonnerait sur 10 ans, tel que rapporté par plusieurs médias, dont le «Globe and Mail», se contentant de mentionner que le financement additionnel en santé sera «beaucoup de long terme».

Chose certaine, des composantes bilatérales sont à prévoir. M. Trudeau y a fait allusion durant son point de presse lorsque questionné sur la possibilité d’ententes à la pièce. Selon ses dires, cela n’empêche pas un accord commun à toutes les provinces et les territoires sur certains points.

«Il va y avoir des éléments de notre entente qui vont être un accord pour tous, mais aussi des éléments qui vont répondre directement aux besoins particuliers et aux priorités particulières des provinces. Alors, c’est une combinaison sur laquelle on va travailler ensemble dans les semaines à venir», a-t-il résumé.

À peinele premier ministre fédéral tendait la main que le premier ministre du Québec, François Legault, la saisissait et confirmait sa présence.

«Je suis optimiste qu’on soit capable de conclure une augmentation du financement des soins de santé. (…) Nous, on a déjà un plan santé. On a besoin du fédéral pas pour refaire le plan, mais pour aider à financer ce plan-là (…) sans condition», a-t-il dit lors d’une mêlée de presse à Châteauguay, en Montérégie.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford,a également confirmé sur Twitter qu’il assistera à la rencontre du mois prochain.

«Nous avons beaucoup de choses à discuter, notamment celle de s’assurer que le gouvernement fédéral finance adéquatement les soins de santé sur lesquels les gens comptent», a écrit M. Ford.

L’ensemble des provinces et territoires demande depuis plus de deux ans une hausse des transferts fédéraux en santé afin de faire passer la contribution d’Ottawa de 22 % à 35 % des coûts en la matière.L’écart est évalué à 28 milliards $ annuellement.

Une rencontre entre ministres de la santé provinciaux et fédéral s’était soldée, en novembre, par une impasse dans les négociations.

Un réchauffement s’est depuis observé dans ce dossier et le bruit courrait depuis plusieurs jours sur une possible rencontre en février.

Justin Trudeau et le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, n’ont pas précisé publiquement combien Ottawa est prêt à ajouter au financement des soins de santé, mais ils ont déclaré que tout nouvel argent obligera les provinces à montrer comment il sera utilisé pour améliorer les soins aux patients.

Plus précisément, Ottawa veut des engagements pour accroître l’accès aux médecins de famille, mettre fin aux longs arriérés de chirurgie, améliorer les soins de santé mentale, résoudre les problèmes de santé d’une population vieillissante et réviser les systèmes de données sur les soins de santé, y compris les dossiers médicaux numériques.

Dans les rangs de l’opposition officielle conservatrice, le chef Pierre Poilievre est resté muet sur d’éventuels investissements supplémentaires en santé qu’il serait prêt à allonger s’il en venait à devenir premier ministre fédéral.

«Quand je rencontrerai les premiers ministres provinciaux, je vais partager mes trois priorités (en santé) et je vais écouter (celles) des provinces. C’est comme ça que des négociations se font», a-t-il soutenu lorsque questionné par les journalistes à Ottawa.

Il a souligné qu’il estime qu’il faut s’attaquer aux listes d’attente pour l’accès à des soins de santé, augmenter le nombre de médecins et infirmières disponibles et «accélérer l’approbation des nouveaux médicaments et traitements».

Le Bloc québécois s’est réjoui de l’annonce de la rencontre du 7 février, mais n’a pas manqué de rappeler qu’elle était demandée depuis bien longtemps. «Ça fait maintenant 28 mois que les premiers ministres des provinces réclament cette rencontre afin d’arriver à une entente pour une augmentation substantielle, récurrente et sans conditions des transferts en santé, qui leur donnera la prévisibilité nécessaire pour rebâtir à moyen et à long terme la robustesse des réseaux de santé afin que les Québécois et les Canadiens puissent recevoir des soins adéquats», a réagi, dans une déclaration écrite, le porte-parole bloquiste en matière de Santé, Luc Thériault.

De son côté, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a qualifié de «bonne nouvelle» l’annonce de M. Trudeau, mais a également montré des signes d’impatience.

«Je ne trouve pas que ça roule assez vite parce qu’on est dans une situation de crise. (…) Le premier ministre ne répond pas comme si c’était une situation grave», a-t-il commenté. M. Singh était mercredi à Nanaimo, en Colombie-Britannique, où il a rencontré des personnes touchées par les problèmes de pénurie de professionnels de la santé, entre autres.

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