Trudeau et Singh questionnés sur le recours à la Subvention salariale d’urgence

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a été questionné lundi sur les raisons pour lesquelles le Parti libéral du Canada avait demandé la Subvention salariale d’urgence, destinée aux organisations qui subissent des difficultés économiques en raison de la COVID-19.

Les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates ont tous demandé de bénéficier du programme fédéral, qui prévoit que le gouvernement couvrira jusqu’à 75 % du salaire d’un travailleur, jusqu’à un maximum d’environ 850 $ par semaine.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a quant à lui dénoncé lundi «le cynisme des plus riches partis politiques au Canada», qui veulent «mettre la main dans le sac un petit peu», en menaçant de mettre à pied des employés.

Le programme est destiné aux entreprises qui ont subi des pertes de revenus importantes à la suite de la pandémie, bien qu’il couvre également les organisations à but non lucratif et les organismes de charité. M. Trudeau n’a pas répondu lundi matin aux questions répétées des journalistes sur les raisons pour lesquelles son parti avait besoin de cette aide fédérale. Il a simplement rappelé que le programme était destiné à maintenir le lien d’emploi pour le jour où l’économie reprendra plus normalement.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a expliqué quant à lui lundi qu’il était plus logique pour les membres du personnel politique de son parti d’obtenir cette subvention salariale et de pouvoir conserver leur emploi, plutôt que d’être mis à pied et d’avoir accès à d’autres avantages, comme la Prestation canadienne d’urgence.

Les conservateurs, qui ont récolté près de 4 millions $ en contributions politiques au premier trimestre de 2020, ont plaidé que leurs frais augmenteront avec le passage au télétravail et que la collecte de fonds avait énormément ralenti depuis.

M. Blanchet a quant à lui expliqué que le financement au Bloc est comparable à ce qu’il était auparavant: «On est capable de payer notre monde», a-t-il dit. Mais il a critiqué le recours des autres partis à ce programme. «Quelle horrible malhonnêteté, quel rire grossier au visage des gens (…) Si t’as pas besoin de l’argent de la crise, demande pas l’argent de la crise, a-t-il soutenu en conférence de presse. Les centaines de milliers de dollars qui vont être pris par les libéraux ou les conservateurs (…) n’iront pas pour le soutien de petites entreprises sur le boulevard Périgny à Chambly.»