Trudeau ne veut pas prendre le blâme pour la remontée du Bloc au Québec

WHITBY, Ont. — Le chef libéral Justin Trudeau faisait campagne en Ontario, vendredi, tentant de s’accrocher aux comtés qu’il sent glisser entre ses doigts.

De Whitby, il a lancé, encore une fois, un appel aux Québécois pour que ceux-ci envoient des libéraux progressistes au pouvoir plutôt que des bloquistes progressistes dans l’opposition.

À une journaliste qui lui demandait s’il se blâmait pour la bonne position du Bloc québécois en cette fin de campagne, M. Trudeau a répondu que «les Québécois ont toujours le droit de choisir quels seront leurs représentants à Ottawa».

«Mais dans cette élection, les Québécois font face à un choix très très clair. Est-ce qu’on choisit une opposition progressiste ou un gouvernement progressiste?» a-t-il enchaîné, reprenant le plaidoyer bien rodé depuis quelques jours.

«Et ce qu’on a pu accomplir au cours des quatre dernières années, ça a été parce que des Québécois ont choisi de se joindre à un gouvernement progressiste, ont arrêté de choisir d’être (dans) l’opposition et ont choisi de porter nos valeurs québécoises à travers le pays, à travers le monde», a-t-il ajouté.

«Droits des femmes, lutte aux changements climatiques, refus de l’austérité, on a choisi de livrer un gouvernement qui a fait tout ça et là, on doit continuer pour empêcher les coupures et l’austérité conservatrice», a-t-il plaidé.

À une autre journaliste qui lui demandait s’il se sentirait responsable de l’élection d’un gouvernement conservateur, il a dit qu’il avait encore confiance que les Canadiens feraient «le bon choix», lundi.

La loi 21 au Québec

Justin Trudeau a été pressé de questions au sujet de la Loi sur la laïcité de l’État, adoptée au Québec, mais il a refusé de dire s’il la jugeait discriminatoire. Il estime toutefois qu’un gouvernement ne devrait pas dicter aux gens comment ils doivent s’habiller.

«J’ai été très clair sur le fait que je ne crois pas qu’un gouvernement devrait dire aux gens ce qu’ils devraient ou ne devraient pas porter, mais les Québécois s’adressent eux-mêmes aux tribunaux pour défendre la Charte des droits et libertés, comme c’est leur droit», a répondu le chef libéral.

M. Trudeau a refusé de répondre directement à la question pour la deuxième journée de suite.

Il a répété que son gouvernement n’avait pas l’intention d’intervenir pour l’instant, mais qu’il se réservait la possibilité de le faire lorsque la contestation atteindrait un stade plus avancé.

Justin Trudeau est le seul chef fédéral qui n’a pas complètement rejeté l’idée d’intervenir pour contester la constitutionnalité de la loi 21. «Parce que nous comprenons que le gouvernement fédéral doit toujours être présent pour défendre, potentiellement, les droits des femmes, de la communauté LGBTQ+, des minorités ou des francophones hors Québec», a-t-il dit.

Des sièges à défendre en Ontario

Le chef libéral faisait campagne vendredi dans le Grand Toronto, l’une des régions du pays où se trouve le plus grand nombre de sièges et où plus de la moitié de l’électorat fait partie d’une minorité visible.

La circonscription de Whitby représente un siège à défendre pour les libéraux. Auparavant défendu par l’ex-ministre conservateur Jim Flaherty, le comté a été conquis par le PLC en 2015.

C’est la députée sortante Celina Caesar-Chavannes qui avait remporté l’élection, mais celle-ci a pris la décision en février de ne pas solliciter de deuxième mandat.

Mme Caesar-Chavannes a annoncé son choix à M. Trudeau le même jour que l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould lui remettait sa démission dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.

Le bureau du premier ministre avait plus tard qualifié la discussion d’«émotive», après que Mme Caesar-Chavannes avait révélé que Justin Trudeau avait crié devant elle. Le mois suivant, elle avait décidé de siéger comme indépendante pour le reste de son mandat.

Vendredi, le chef libéral s’est fait demander s’il se trouvait dans la région parce qu’il craignait de perdre le siège de Whitby.

«Laissez-moi remercier encore une fois Celina Caesar-Chavannes pour son service extraordinaire auprès de la communauté et lui souhaiter le meilleur pour l’avenir», a répondu M. Trudeau qui accompagnait son candidat, Ryan Turnbull.

«Nous ne tenons aucun vote pour acquis nulle part d’un bout à l’autre du pays», a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, Justin Trudeau a visité une autre banlieue torontoise, soit Markham, puis, après Whitby, il s’est dirigé vers Orillia, où les conservateurs sont profondément enracinés.

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