Trudeau n’envisage pas la décriminalisation de la possession simple de drogues

OTTAWA — Justin Trudeau affirme qu’Ottawa va de l’avant «de façon déterminée» pour assurer un approvisionnement sécuritaire en drogues, au milieu d’une crise de surdose d’opioïdes qui a fait cette année plus de 900 morts en Colombie-Britannique seulement.

Mais le premier ministre n’envisage pas de décriminaliser la possession simple de petites quantités de drogues illicites, comme le demandent plusieurs intervenants — et même l’Association canadienne des chefs de police.

En entrevue à la radio de la CBC à Vancouver, mercredi, M. Trudeau a expliqué que le gouvernement fondait son approche sur la science et les données probantes, en regardant la crise sous l’angle de la santé plutôt que l’angle judiciaire. Le premier ministre affirme que son gouvernement tient compte des conseils d’experts, dont la directrice de la santé publique de la Colombie-Britannique, la docteure Bonnie Henry, et son homologue fédérale, la docteure Theresa Tam.

Les deux médecins demandent un accès amélioré à des drogues illicites sécuritaires, afin d’éviter des décès dus à des substances toxiques et à des concentrations extrêmes d’opioïdes puissants, comme le fentanyl, dans les «drogues de rue». Mais la docteure Henry demande aussi à Ottawa de décriminaliser la possession simple de petites quantités de drogues illicites; sa collègue Tam et l’Association canadienne des chefs de police ont fait la même suggestion le mois dernier.

Pressé de savoir si son gouvernement envisageait cette décriminalisation, M. Trudeau a répondu mercredi qu’un approvisionnement sécuritaire constitue la clé, et «c’est ce que nous avons fait sans avoir à franchir le pas vers la décriminalisation».

Le premier ministre a ajouté que des investissements importants sont encore nécessaires dans le logement, la santé mentale et d’autres services de soutien pour les personnes aux prises avec la toxicomanie et l’itinérance. «Nous savons qu’il y a plus à faire, mais nous allons le faire de manière responsable et nous assurer que nous accordons la priorité aux choses qui vont faire la plus grande différence immédiatement», a-t-il dit.

M. Trudeau ajoute que son gouvernement a progressé en soutenant des sites de consommation supervisée et des options d’approvisionnement sûr, malgré la résistance d’adversaires politiques.

Tournée virtuelle du pays

Le premier ministre passe une grande partie de la journée de mercredi à des entretiens avec des dirigeants politiques, des gens d’affaires, des leaders environnementaux et des universitaires de la Colombie-Britannique, le tout dans le confort de son bureau d’Ottawa. Et il doit faire une visite virtuelle similaire des provinces de l’Atlantique jeudi.

L’été est généralement l’occasion pour le premier ministre et les autres dirigeants politiques fédéraux de sillonner le pays et de participer à des activités de sensibilisation auprès de dirigeants communautaires et d’électeurs à l’extérieur de la bulle d’Ottawa.

De plus, M. Trudeau convoque habituellement une retraite du cabinet et assiste chaque année à une retraite du caucus libéral à l’extérieur de la capitale nationale, avant la reprise du Parlement à l’automne. Ses ministres, les députés libéraux et lui-même profitent de ces événements pour visiter les communautés hôtes, écouter les préoccupations locales, faire des annonces et promouvoir en général le message du gouvernement.

Mais la nécessité de limiter la propagation de la COVID-19 a freiné une grande partie de ces déplacements cette année. Mis à part le voyage occasionnel à Toronto, à Montréal et dans des communautés près d’Ottawa, M. Trudeau a été forcé de rester à la maison — et de trouver d’autres moyens de mener des activités de sensibilisation régionales.

Le nouveau chef conservateur Erin O’Toole a également été forcé de trouver d’autres moyens de courtiser les partisans dans tout le pays pendant la course à la direction de son parti, qui a duré des mois — en pleine pandémie.

Ce que les dirigeants politiques ont appris sur la façon de joindre les gens en cette ère pandémique pourrait être utile si le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau était défait lors du discours du Trône qu’il a l’intention de dévoiler le 23 septembre, détaillant ce qu’il a promis être un plan audacieux pour la reprise économique. Les visites virtuelles de M. Trudeau en Colombie-Britannique et dans les provinces de l’Atlantique seront consacrées au moins en partie à des consultations sur ce plan de reprise.

En plus d’une rencontre virtuelle mercredi avec le premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan, M. Trudeau devait tenir une table ronde avec des chefs d’entreprise et des leaders environnementaux de la province sur les mesures nécessaires pour assurer une reprise économique verte et durable.

M. Trudeau devrait également rencontrer virtuellement des professeurs de l’Université de la Colombie-Britannique et des partenaires du secteur privé qui ont travaillé sur des projets financés par Ottawa pour améliorer le retour au travail et favoriser la production novatrice d’équipements de protection individuelle. Il devait également accorder des entrevues à plusieurs stations locales de radio et de télévision.

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