Trudeau n’est pas le premier ministre du Québec, rappelle le PM de Saskatchewan

Les premiers ministres des provinces de l’Ouest estiment que l’affaire SNC-Lavalin distrait le premier ministre Justin Trudeau à un moment où il devrait se concentrer sur les emplois dans leur région.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a critiqué les commentaires de M. Trudeau au sujet des 9000 emplois liés à la firme québécoise de génie.

«Je tiens à rappeler au premier ministre qu’il n’est pas le premier ministre du Québec, a-t-il soutenu jeudi. Il est le premier ministre de tous les Canadiens.»

M. Moe a ajouté que des milliers d’emplois ont été perdus dans le secteur de l’énergie alors que le gouvernement fédéral défend bec et ongles une taxe sur les émissions de carbone et un projet de loi modifiant le processus des évaluations environnementales des grands projets d’infrastructure.

Il a aussi reproché à M. Trudeau d’avoir impliqué l’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton, dans la controverse entourant SNC-Lavalin, au lieu de lui demander de convaincre les Américains d’abolir les tarifs douaniers sur l’aluminium et l’acier canadiens.

De son côté, la première ministre néo-démocrate de l’Alberta, Rachel Notley, a estimé que les problèmes d’acheminement du pétrole vers les marchés étrangers avaient davantage nui aux emplois que les déboires judiciaires de SNC-Lavalin.

«Nous avons besoin que notre gouvernement fédéral se concentre sur une perspective globale et, s’il le fait, il va s’apercevoir que les Albertains ont besoin de son attention», a-t-elle plaidé jeudi.

Mme Notley avait publié plus tôt cette semaine une déclaration sur le blocage par la Chine d’importations de canola canadien, affirmant que M. Trudeau devait se remettre au travail pour défendre les emplois et les agriculteurs de sa province. Elle a laissé entendre que le gouvernement fédéral, empêtré dans la controverse, était actuellement trop occupé à se regarder le nombril.

L’argumentaire de M. Trudeau concernant le sauvetage des emplois de SNC-Lavalin lui a aliéné encore plus les premiers ministres de l’Ouest canadien, soutient un politologue.

Cette posture «justifie les accusations voulant que le gouvernement ait une politique deux poids deux mesures, a estimé Julian Castro-Rea, de l’Université de l’Alberta à Edmonton. Certains emplois semblent être plus importants à ses yeux que ceux qui ont été perdus ici.»

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