Justin Trudeau nomme une diplomate de carrière comme ambassadrice en Chine

OTTAWA — Une diplomate de carrière, qui cumule déjà plus de trente années de service aux Affaires étrangères canadiennes, a été nommée vendredi ambassadrice en Chine par le premier ministre Justin Trudeau.

Jennifer May, qui était depuis trois ans ambassadrice du Canada au Brésil, occupera à Pékin un poste laissé vacant depuis neuf mois.

Mme May, titulaire d’un baccalauréat en sciences politiques et en allemand de l’Université Laval, a rejoint le ministère des Affaires étrangères en 1990. Après avoir appris le mandarin, elle a commencé en 2000 une mission de quatre ans en tant que diplomate de niveau intermédiaire, suivi de séjours à Hong Kong et en Thaïlande. Elle a également servi outre-mer en Allemagne et en Autriche.

«Fonctionnaire dévouée, Mme May possède de nombreuses années d’expérience variée au sein de missions internationales, a indiqué le premier ministre dans un communiqué. Cette expérience, ainsi que ses vastes connaissances de l’Asie, lui permettront de gérer cette importante relation bilatérale et de promouvoir les intérêts du Canada en Chine.» 

Cette nomination est annoncée alors qu’Ottawa cherche à réchauffer une relation aujourd’hui glaciale avec Pékin, après la libération de Michael Spavor et Michael Kovrig il y a un an. Mais le premier ministre précise que Mme May aura notamment le mandat de «défendre les valeurs démocratiques, les droits de la personne et la primauté du droit».

Dans son «Plan ministériel» pour 2022-2023, Affaires mondiales Canada indique que «la politique stratégique, et en évolution, du Canada à l’égard de la Chine» sera intégrée à la stratégie plus large relative à la région indo-pacifique.

Le Plan ministériel indique que le Canada utilisera ce cadre pour faire avancer les intérêts commerciaux, mais «fera face au gouvernement de la Chine dans les cas où les valeurs et intérêts des deux pays divergent, et collaborera lorsque les intérêts convergent».

«Le Canada continuera de dénoncer la répression que la Chine exerce contre les Ouïghours, les Tibétains et toutes les minorités religieuses, lit-on dans le plan publié plus tôt cette année. S’agissant de Hong Kong, le Canada continuera d’adapter ses approches à la lumière de la détérioration rapide des droits et libertés individuels des citoyens de Hong Kong depuis la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale en 2020.»

Après «les deux Michael»

Les deux derniers ambassadeurs en Chine étaient tous deux considérés comme des personnalités politiques de haut niveau: d’abord l’ancien ministre libéral John McCallum, puis le chef d’entreprise Dominic Barton, qui avait été chargé par M. Trudeau du dossier délicat, mais critique, pour faire libérer «les deux Michael».

M. Barton a quitté son poste en décembre dernier, trois mois après la libération des deux Canadiens. Michael Spavor, un consultant en affaires qui travaillait en Chine, et Michael Kovrig, un ancien diplomate qui travaillait en Chine pour l’organisme «International Crisis Group», avaient été arrêtés en décembre 2018.

Le Canada estime qu’il s’agissait de représailles politiques de Pékin après que les autorités canadiennes ont arrêté à l’aéroport de Vancouver la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis.

Les États-Unis accusaient Mme Meng, ainsi que l’entreprise Huawei, d’avoir violé les sanctions américaines contre l’Iran. MM. Kovrig et Spavor ont été arrêtés quelques jours après l’arrestation de Mme Meng à Vancouver. Ils ont été libérés en septembre 2021, après plus de 1000 jours de détention, lorsque les États-Unis ont accepté de laisser Mme Meng retourner en Chine.

Ce différend a sérieusement envenimé les relations entre le Canada et la Chine.

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