Trudeau «optimiste» que tous les Canadiens seront vaccinés avant la fin septembre

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a bon espoir de voir tous les Canadiens qui le souhaitent être vaccinés avant l’objectif de la fin septembre, mais il ne veut pas s’avancer sur un échéancier plus précis. 

M. Trudeau est resté prudent, mercredi, dans ses réponses aux journalistes qui évoquaient la situation aux États-Unis. Le président Joe Biden a déclaré que le pays aurait suffisamment de vaccins pour tous les Américains adultes d’ici la fin du mois de mai, deux mois plus tôt que prévu. 

Au Canada, on répète depuis des mois que cet objectif sera atteint d’ici la fin septembre. Les développements des derniers jours pourraient changer la donne. 

«Évidemment, on est optimiste qu’on va peut-être pouvoir devancer ces chiffres et ces prévisions, basé sur le nombre de vaccins qu’on est en train d’approuver et de voir livrés au Canada. Et on va continuer de travailler pour accélérer ces processus en travaillant avec les provinces, en écoutant les meilleures recommandations de nos scientifiques», a déclaré M. Trudeau, lors d’une conférence de presse à Ottawa, mercredi. 

Le premier ministre a fait valoir qu’il est risqué de comparer la situation du Canada à celle des États-Unis. 

«Effectivement, sur certaines mesures, les États-Unis ont de l’avance sur nous, mais on sait aussi que les États-Unis ont eu une pandémie beaucoup plus grave que nous avec plus de décès, avec plus de cas per capita que on a eus au Canada. Donc, il faut toujours faire attention en comparant les expériences dans les différents pays», a-t-il renchéri. 

Le gouvernement fédéral reçoit dorénavant trois vaccins: Pfizer-BioNTech, Modera et AstraZeneca. Les trois compagnies pharmaceutiques auront livré 6,5 millions de doses au Canada d’ici la fin du mois.

Le premier ministre s’est réjoui de l’accélération de la vaccination au pays. Il a tenu à souligner que cette semaine, le Canada a dépassé les deux millions de doses administrées. Et on recevra près d’un million de doses – 444 600 de Pfizer et 500 000 d’AstraZeneca – au pays cette semaine. De ces 500 000 doses d’AstraZeneca, 300 000 doivent être administrées avant le 2 avril, date de leur péremption.

Avec des dizaines de millions de doses qui seront livrées dans les mois à venir, M. Trudeau dit que le prochain défi n’en sera pas un d’approvisionnement, mais de logistique. Ce sera donc aux provinces et aux territoires de les injecter dans les bras des Canadiens le plus rapidement possible. 

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, y a vu «un bien étrange commentaire» de la part du premier ministre. «J’ai l’impression que M. Trudeau s’inquiète de moins en moins de la date de vaccination parce qu’il s’intéresse de plus en plus à la date des élections», a analysé le chef du Bloc. 

Aide aux entreprises prolongée

Par ailleurs, le gouvernement fédéral a annoncé que trois de ses programmes d’aide pour les entreprises – la subvention salariale d’urgence, l’aide pour le loyer commercial et l’indemnité de confinement – sont prolongés pour les périodes allant du 14 mars au 5 juin, aux taux actuels. À l’origine, il était prévu que ces taux baissent de façon progressive. 

La nouvelle a été saluée tant par le monde des affaires que l’opposition à Ottawa.

«C’est évidemment une bonne nouvelle pour les propriétaires d’entreprise qui peuvent ainsi planifier plus facilement les prochains mois», s’est réjoui Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. 

«Baisser les montants n’aurait pas été approprié. (…) Il faut donc maintenir un apport d’argent public parce que pour l’instant, la priorité est de maintenir l’activité économique et de préparer la relance de l’activité économique. Ce sont des choix qui nous apparaissent satisfaisants», a dit M. Blanchet.

La ministre des Finances a réitéré que le gouvernement fédéral continuera de soutenir les entreprises canadiennes aussi longtemps que nécessaire. «Les niveaux d’aide dépendent des revenus des entreprises. On dépensera moins si l’économie est plus forte et on dépensera plus si l’économie est plus faible et si les entreprises ont besoin de plus d’aide», a déclaré Chrystia Freeland. 

Selon ses estimations, en date du 5 juin 2021, le programme d’aide au loyer aura coûté 6,5 milliards $ et la subvention salariale aura coûté un peu plus de 97,4 milliards $. 

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