Trudeau pressé par des militants d’agir concernant les disparitions au Sri Lanka

OTTAWA — Un groupe de Canadiens tamouls demande au premier ministre Justin Trudeau d’apporter des modifications juridiques afin de supprimer l’immunité souveraine comme moyen de défense pour les crimes internationaux.

Une telle action permettrait aux familles sri-lankaises de demander justice pour leurs proches disparus, a déclaré lundi Kumanan Kunaratnam, un militant tamoul à Ottawa, lors d’une conférence de presse sur la colline du Parlement.

Une guerre civile s’est emparée du pays de 1983 à 2009, avec des insurgés aspirant à un État tamoul distinct qui luttaient contre un gouvernement central dominé par la majorité cinghalaise du Sri Lanka.

Amnistie internationale estime qu’au moins 60 000 personnes ont disparu au Sri Lanka depuis la fin des années 1980, les militants affirmant que la plupart des victimes sont tamoules. L’année dernière, les Nations unies ont souligné que des milliers de personnes au Sri Lanka ne savent pas ce qu’il est advenu de leurs proches disparus.

«C’est une question qui doit profondément préoccuper tous les êtres humains», a déclaré M. Kunaratnam.

La doctrine juridique de l’immunité souveraine protège largement les gouvernements des actions en justice dans d’autres pays. Il existe cependant des exceptions, par exemple lorsqu’un État se livre à des activités commerciales.

M. Kunaratnam affirme que l’immunité souveraine devrait être levée. «Si l’immunité souveraine peut être levée comme moyen de défense pour une transaction commerciale, pourquoi ne peut-elle pas être supprimée pour des crimes internationaux?»

Il a déclaré qu’une telle législation profiterait non seulement aux Tamouls, mais aussi aux victimes de disparitions forcées à travers le monde.

Des centaines de milliers de personnes ont disparu lors de conflits ou de périodes de répression dans au moins 85 pays à travers le monde, selon les Nations unies.

Un groupe de quatre Canadiens tamouls a terminé une «marche pour la justice» de 16 jours de Brampton, en Ontario, jusqu’à la colline du Parlement à Ottawa pour sensibiliser le public aux violations des droits de la personne au Sri Lanka. Un autre groupe de trois militants a marché de Montréal à Ottawa.

Le groupe souhaite également que le Canada renvoie le Sri Lanka devant le comité établi en vertu de la convention des Nations unies contre les disparitions forcées.

Bien que le Sri Lanka ait ratifié la convention des Nations unies contre les disparitions forcées en 2016, il a invoqué une disposition du traité international qui empêche les victimes de saisir le comité des violations de la convention par un pays. Seul un autre pays peut déposer une telle plainte contre le Sri Lanka.

Cependant, le Canada n’a pas adhéré à la convention, ce qui limite sa capacité à déposer une telle plainte.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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