Trudeau propose Pierre Legault au poste de conseiller sénatorial en éthique

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a choisi le prochain conseiller sénatorial en éthique.

La nomination de Pierre Legault doit être approuvée par le Sénat avant de devenir officielle.

M. Legault occupe déjà le poste par intérim depuis le printemps dernier. L’avocat a eu une carrière dans la fonction publique fédérale. En 2016, il prenait sa retraite du poste de sous-ministre délégué au ministère de la Justice.

Celle qui a occupé le poste avant M. Legault, Lyse Ricard, a eu fort à faire au Sénat.

La Chambre haute a été secouée par plusieurs scandales, dont celui des dépenses inappropriées de ses membres. Cette crise a culminé avec le procès du sénateur Mike Duffy. Celui-ci a été déclaré non coupable de toutes les accusations contre lui et l’issue de son procès a poussé la Couronne à abandonner des accusations contre le sénateur Patrick Brazeau.

Les deux hommes qui avaient été nommés par Stephen Harper siègent toujours au Sénat mais comme sénateurs indépendants.

Les problèmes d’éthique reprochés à de nombreux sénateurs ont conduit à une refonte du code régissant l’éthique et les conflits d’intérêts dans leurs rangs. C’est ce code que M. Legault doit administrer, interpréter et, surtout, appliquer.

M. Trudeau doit encore combler le poste de commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique des Communes. Comme le commissariat étudie une plainte contre lui — celle de ses vacances sur l’île de l’Aga Khan — le premier ministre a décidé de ne pas participer au choix du prochain commissaire, confiant la tâche à la leader en Chambre de son gouvernement.

Le mandat de la commissaire actuelle, Mary Dawson, a été prolongé à plusieurs reprises déjà en attendant son successeur.

Cet éventuel successeur pourrait être appelé à travailler plus étroitement avec la prochaine commissaire au lobbying, Nancy Bélanger. Celle-ci a répondu vendredi matin aux questions des sénateurs, qui doivent décider s’ils approuveront sa nomination.

Mme Bélanger a dit vouloir jeter des ponts entre le Commissariat à l’éthique et le Commissariat au lobbying si sa nomination est confirmée, mais elle ne semble pas avoir d’opinion sur une éventuelle fusion des deux bureaux.

«Je vais faire ce qu’on me dit de faire, a-t-elle dit. Si le Parlement décide de fusionner les deux postes, c’est quelque chose que je vais accepter.»

La commissaire à l’éthique actuelle, Mary Dawson, a déjà indiqué qu’elle souhaite le regroupement des deux commissariats.

Nancy Bélanger entend plutôt mettre sur pied un programme de sensibilisation commun pour les lobbyistes et les parlementaires afin qu’ils comprennent bien leurs obligations en vertu de la loi.

Elle veut également redorer la fonction de lobbyiste qui souffre d’une mauvaise réputation.

«Ma perspective est que le lobbying est une activité que tous les Canadiens devraient reconnaître (comme étant) à leur bénéfice», a-t-elle affirmé en soulignant que cette activité était également pratiquée par des organismes à but non lucratif.

«Mon rôle à titre de commissaire au lobbying, ce serait de faire comprendre aux Canadiens qu’il y a du bon dans le lobbying, a-t-elle continué. Très souvent, c’est du cynisme, c’est négatif, mais plus vous avez de l’information, (…) les décisions que vous allez prendre seront mieux informées non seulement pour le bénéfice des lobbyistes, mais des Canadiens en général.»

Ses propos démontrent son inexpérience en matière de lobbying, selon le député néo-démocrate Nathan Cullen. Certains pourraient voir cette inexpérience d’un oeil positif puisqu’elle n’a aucun lien avec des lobbyistes, mais il y a l’envers de la médaille.

«Embaucher quelqu’un pour être le chien de garde d’une industrie qu’ils ne connaissent pas peut aussi être mauvais», a-t-il souligné.

Mme Bélanger a révélé qu’elle n’avait pas postulé pour le poste de commissaire au lobbyisme, mais plutôt pour celui de commissaire à l’information, un bureau où elle a travaillé durant quatre ans. Elle a ensuite reçu un appel pour savoir si elle serait intéressée à passer l’entrevue pour le poste de commissaire au lobbying.

Une anomalie, selon le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui se plaint de ne pas avoir été adéquatement consulté par le bureau du premier ministre comme ce fut le cas pour la nomination du commissaire aux langues officielles.

«Le Parlement est le comité d’embauche, mais on nous donne seulement un nom et c’est fait en secret», a dénoncé Nathan Cullen.

La nomination de Nancy Bélanger doit être approuvée par la Chambre des communes et le Sénat pour un mandat de sept ans. Le mandat de l’actuelle commissaire au lobbying, Karen Shepherd, se termine à la fin du mois de décembre.

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