Trump accepte finalement de lancer le processus de transition à la présidence

WASHINGTON — Le président Donald Trump, qui refusait de reconnaître la victoire de son rival Joe Biden depuis les élections du 3 novembre, a finalement déclaré lundi qu’il ordonnait à son équipe de coopérer à la transition, tout en promettant de poursuivre le «combat».

L’Administration des services généraux a établi lundi que le président élu Joe Biden était le «vainqueur apparent» du scrutin.

Cette décision ouvre la voie au lancement de la transition par l’administration Trump et permet à M. Biden de se coordonner avec les agences fédérales en vue de son arrivée en poste le 20 janvier.

Un responsable a déclaré que la directrice de l’Administration des services généraux, Emily Murphy, avait pris la décision après l’échec des efforts de l’équipe Trump pour renverser les résultats dans des États stratégiques, plus récemment au Michigan, qui a certifié la victoire de M. Biden lundi.

«Sachez que j’ai pris ma décision de manière indépendante, sur la base de la loi et des faits disponibles. Je n’ai jamais été directement ou indirectement soumise à des pressions de la part d’un représentant du pouvoir exécutif — y compris ceux qui travaillent à la Maison-Blanche ou à l’Administration des services généraux — en ce qui concerne le contenu ou le moment de ma décision», a écrit Mme Murphy dans une lettre à M. Biden.

Le président Trump a écrit par la suite sur Twitter: «Notre cause continue FORTEMENT, nous continuerons le bon (…) combat, et je crois que nous vaincrons! Néanmoins, dans l’intérêt de notre pays, je recommande qu’Emily et son équipe fassent ce qui doit être fait en ce qui concerne les protocoles initiaux et j’ai dit à mon équipe de faire de même.»

L’administration du président Donald Trump faisait face à des pressions de plus en plus fortes pour lancer le processus formel de transition.

Le sénateur républicain Rob Portman, de l’Ohio, avait appelé lundi l’Administration des services généraux à libérer l’argent et le personnel nécessaires à la transition. M. Portman, un membre de premier plan du comité sénatorial de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales, avait également affirmé que M. Biden devrait recevoir des informations stratégiques sur la sécurité nationale et être mis au courant du plan de distribution du vaccin contre le coronavirus.

M. Portman, un allié de M. Trump, rejoignait ainsi un nombre croissant de responsables républicains qui, ces derniers jours, ont exhorté le président à lancer la transition immédiatement. La sénatrice républicaine Shelley Moore Capito, de la Virginie-Occidentale, a également appelé à une transition en douceur. «À un moment donné, les élections de 2020 doivent prendre fin», a-t-elle estimé dans un communiqué publié lundi.

Des pressions de toutes parts

Pendant ce temps, plus de 160 chefs d’entreprise pressaient la directrice de l’Administration des services généraux de reconnaître immédiatement Joe Biden en tant que président élu et de commencer la transition vers une nouvelle administration. «La rétention de ressources et d’informations vitales à une nouvelle administration met en danger la santé et la sécurité publiques et économiques des États-Unis», ont déclaré les chefs d’entreprise dans une lettre ouverte à Mme Murphy.

Par ailleurs, plus de 100 anciens responsables républicains de la sécurité nationale, dont l’ancien directeur de la sécurité intérieure Tom Ridge, l’ancien directeur de la CIA Michael Hayden et l’ancien directeur du renseignement national John Negroponte, avaient estimé dans un communiqué que le refus de M. Trump de reconnaître sa défaite et de permettre une transition ordonnée constituait «une menace sérieuse» pour le processus démocratique américain. Les responsables qui ont signé la lettre ont travaillé sous quatre présidents, dont M. Trump.

Le communiqué appelait «les dirigeants républicains — en particulier ceux du Congrès — à exiger publiquement que le président Trump cesse son assaut antidémocratique contre l’intégrité de l’élection présidentielle».

Mme Murphy n’a pas respecté la date limite fixée à lundi par les démocrates de la Chambre des représentants pour informer les législateurs du retard pris dans le début de la transition, qui est généralement une étape de routine entre les élections et l’investiture d’un nouveau président. Une porte-parole a indiqué qu’un adjoint de Mme Murphy tiendrait plutôt deux séances d’information distinctes pour les comités de la Chambre et du Sénat le 30 novembre.

En réponse, les présidents démocrates de quatre comités et sous-comités ont déclaré qu’ils pourraient reporter la réunion à mardi, mais pas plus tard.

«Nous ne pouvons pas attendre encore une semaine pour obtenir des informations de base sur votre refus» d’entamer la transition, ont déclaré les démocrates dans une lettre à Mme Murphy. «Chaque jour supplémentaire gaspillé est un jour où la sécurité, la santé et le bien-être du peuple américain sont mis en péril alors que la nouvelle administration Biden-Harris est empêchée de se préparer pleinement à la pandémie de coronavirus, la terrible crise économique de notre pays, et notre sécurité nationale.»

Laisser un commentaire