Trump est le champion de la classe moyenne, dit son ambassadrice à Ottawa

OTTAWA — Kelly Craft souhaite donner aux Canadiens quelques renseignements concernant l’un des présidents les moins populaires qu’un ambassadeur américain ait jamais eu à représenter dans ce pays.

Parmi ces renseignements: ce n’est pas parce que le président a décidé de faire prendre une nouvelle direction aux États-Unis qu’il désire s’éloigner de son bon ami le Canada; il a plus de choses en commun avec Justin Trudeau qu’on ne pourrait le croire; il se réveille chaque jour avec le désir d’aider la classe moyenne qui l’a élu, mais il pourrait mieux expliquer comment il prévoit faire cela.

Lors d’un récent discours à Ottawa, l’ambassadrice Craft, qui est née au Kentucky et adore le basketball, a présenté ces éclaircissements, dont certains étaient plus francs que d’autres, afin de permettre aux Canadiens de mieux comprendre Donald Trump.

Six mois après son entrée en fonction, Kelly Craft est déterminée à rendre un peu plus avenante une administration que plusieurs considèrent comme rebutante, à adoucir le côté dur du président comme le ferait une gorgée du délicieux bourbon produit dans son État natal.

«Je veux expliquer pourquoi notre président, qui a reçu un mandat clair de la part de la population des États-Unis, a estimé qu’il était nécessaire d’apporter des changements importants. Le fait de respecter ce mandat n’affaiblit en rien notre alliance», a déclaré l’ambassadrice durant un discours prononcé plus tôt cette semaine lors d’un dîner de gala au Musée canadien de la guerre.

«Je m’attends à ce que les gens qui entendent le slogan « Rendre sa grandeur à l’Amérique » s’inquiètent au sujet de la volonté de notre pays de s’engager dans le monde. Je suis ici pour vous dire que oui, le président fera passer l’Amérique en premier tout comme le Canada fera passer le Canada en premier. Toutefois, faire passer l’Amérique en premier ne veut pas dire se préoccuper uniquement de l’Amérique.»

Le discours de Kelly Craft a été bien accueilli par les quelques centaines de personnes qui assistaient à l’événement annuel organisé par l’Institut Macdonald-Laurier, discours qui tranchait avec ses précédentes interventions publiques soigneusement planifiées.

Les relations entre les États-Unis et le Canada sont peut-être complexes, notamment en raison de la renégociation de l’Accord nord-américain de libre-échange (ALÉNA), mais elles demeurent bien vivantes, et ce, même lorsque les médias et certains dirigeants laissent entendre le contraire, a assuré l’ambassadrice.

Selon elle, l’une des principales raisons de faire preuve d’optimisme à ce sujet est la relation entre MM. Trudeau et Trump, qui sont tous les deux «déterminés et charismatiques».

Mme Craft a affirmé que les deux leaders avaient livré des messages similaires durant le Forum économique mondial à Davos en janvier, insistant tous les deux sur la nécessité de permettre à tout le monde de profiter de la prospérité économique.

Mark Fisher, le président du conseil de la région des Grands Lacs, un organisme torontois, a écouté avec intérêt le discours de Kelly Craft et a indiqué qu’il comportait tous les signes d’un ambassadeur tentant de se faire rassurant par rapport à une Maison-Blanche pas très orthodoxe et chaotique.

Il a prédit qu’elle finirait par apprendre son métier tout comme ses prédécesseurs, mais que ce ne serait pas facile en raison des menaces de représailles commerciales régulièrement proférées par la Maison-Blanche.

Mme Craft a reconnu qu’il n’était pas toujours aisé de comprendre Donald Trump.

Mais elle répété qu’en dépit de la confusion, le président restait un champion des travailleurs, qu’il pensait comme un homme d’affaires soucieux d’obtenir des résultats pour les personnes qu’il représente.

«Je ne crois pas qu’il est très bon pour expliquer comment il compte obtenir ces résultats. Je pense que ce serait très utile s’il nous exposait cela», a admis l’ambassadrice, suscitant l’hilarité de l’auditoire.

«Les gens présents ici ce soir, qui ont fait en sorte que nous puissions nous asseoir à ces tables, ce sont ceux aux États-Unis qui ont voté pour Donald Trump et, au bout du compte, ce sont les gens dont il se soucie.»