Trump le danseur ? Sa version de « YMCA » fait fureur

La danse dans les rassemblements de Donald Trump est devenue un rare moment de légèreté dans cette année de campagne présidentielle autrement difficile marquée par une pandémie mortelle, une récession économique et des revendications raciales.

TUCSON, Ariz. — Il ajuste son veston. Il regarde la foule. Et il se lance.

Le président Donald Trump, un homme reconnu pour soigner son image, embrasse pleinement le rituel d’exécuter une danse rigolote sur l’air du succès « YMCA », du groupe Village People, à la fin de ses rassemblements partisans dans la dernière ligne droite de la campagne.

Il commence avec les bras, brandissant les poings en l’air — parfois en suivant le rythme — comme s’il faisait du vélo elliptique. Il frappe des mains. Il salue des gens. Puis, il commence à hocher de la tête et à bouger les genoux. Certains soirs, il se contente de pointer du doigt et de taper des mains, mais d’autres soirs, il se balance d’un côté à l’autre et se trémousse sous les acclamations de la foule.

En coulisses, les organisateurs de haut niveau et les assistants de campagne se joignent souvent au rituel en exécutant les gestes traditionnels de la danse associée à la chanson en épelant les lettres Y-M-C-A avec leurs bras en suivant les paroles de cette chanson kitsch des années ’70.

La danse dans les rassemblements de Donald Trump est devenue un rare moment de légèreté dans cette année de campagne présidentielle autrement difficile marquée par une pandémie mortelle, une récession économique et des revendications raciales. Et tandis que M. Trump a été largement ignoré par la culture pop, sa danse a déclenché un défi viral sur l’application TikTok (même s’il a menacé de l’interdire aux États-Unis) et une parodie à l’émission « The Late Show with Stephen Colbert ».

« Vous voulez vous secouer le truc qui « groove », mais vous ne connaissez pas les gestes ? Alors, commandez « Danser avec Don » et laissez le président Trump vous enseigner tous les mouvements les plus chauds ! », s’est moquée l’émission de fin de soirée dans une parodie d’infopublicité.

Des rires…et des critiques

L’équipe de campagne et les membres de la famille Trump ont partagé plusieurs vidéos, dont celles de partisans qui imitent le président, alors que celui-ci traîne dans la plupart des sondages nationaux et dans de nombreux États chaudement disputés à deux semaines du jour du scrutin.

« J’adore ! » a écrit la fille et conseillère du président, Ivanka Trump, en partageant sur Twitter la vidéo d’une jeune femme reproduisant les mouvements singuliers.

Lorsqu’un journaliste a publié sur Twitter une vidéo montrant l’équipe de campagne de Trump en train de danser, sauf le mari d’Ivanka Trump, Jared Kushner, Mme Trump a commenté en se moquant de son époux: « « Party Foul »! (délit de fête) ».

Les efforts dans le but de faire de cette danse une tendance surviennent alors que le président cherche à démontrer sa vigueur après avoir contracté la COVID-19 et avoir été hospitalisé pendant trois nuits.

Le rituel a toutefois attiré les critiques d’autres observateurs, dont Don Lemon du réseau CNN, qui reproche à Donald Trump de danser pendant qu’une pandémie continue de tuer des milliers d’Américains.

« On ne peut pas en faire fi, peu importe le nombre de fois où il participe à des rassemblements et danse sur Village People », a déclaré Don Lemon. « Il s’amuse et il danse sur les tombes de 215 000 Américains. Il danse. »

Une trame sonore controversée

« YMCA », largement considéré comme un hymne gai, a été récemment ajoutée à la liste musicale des rassemblements partisans de Donald Trump. La chanson a remplacé « You Can’t Always Get What You Want » des Rolling Stones quand le groupe a menacé, en juin, de poursuivre l’organisation si elle ne cessait pas son utilisation.

La trame sonore éclectique des rassemblements du président constitue une partie intégrante des événements. Elle a provoqué plusieurs menaces de poursuites judiciaires, ainsi que de nombreuses réactions allant de chants en choeur, à des danses de foule, des regards confus et même des huées.

Au début, la liste misait majoritairement sur les Rolling Stones et Aerosmith (jusqu’à ce qu’ils menacent aussi de poursuites judiciaires), ainsi que sur les artistes favoris de Donald Trump comme Adele (qui s’est opposée) et feu Luciano Pavarotti (jusqu’à ce que sa veuve s’oppose, elle aussi).

Un autre succès de Village People, « Macho Man », fait également partie des nouveaux ajouts à la liste. Le groupe ne s’est pas opposé à l’utilisation de ses chansons, mais a précisé qu’il préférerait garder sa musique en dehors de la politique.

La campagne de Donald Trump a refusé de révéler qui a eu l’idée d’utiliser « YMCA » en guise de chanson de clôture.

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