Trump prépare un liste de candidats à la Cour suprême

WASHINGTON — Le président Donald Trump se prépare à publier une nouvelle liste de candidats potentiels à la Cour suprême, une liste que les électeurs pourront comparer à la promesse de son rival Joe Biden de nommer une femme noire au plus haut tribunal du pays si on lui en donne la chance.

Le chef de cabinet de la Maison-Blanche, Mark Meadows, a déclaré mardi aux journalistes que la liste serait bientôt publiée. «Je suis optimiste que vous verrez ces choix dans les prochains jours», a déclaré M. Meadows.

La décision de publier une liste est une répétition d’une stratégie réussie employée par M. Trump lors de sa campagne de 2016. Il y a quatre ans, il avait pris la décision sans précédent d’annoncer des candidats potentiels à la Cour suprême dans le but de convaincre les conservateurs et les évangéliques tièdes face à ses défauts personnels, mais qui avaient finalement accepté sa candidature en raison de ses promesses sur les nominations judiciaires.

M. Trump avait précédemment déclaré sur Twitter qu’une nouvelle liste serait dévoilée avant le 1er septembre et qu’elle «pourrait inclure certains, ou plusieurs, de ceux déjà sur la liste».

M. Biden a également déclaré qu’il travaillait à une liste de candidats potentiels, mais sa campagne n’a donné aucune indication qu’elle divulguerait des noms avant les élections de novembre, puisque cela risquerait de fournir à M. Trump et aux républicains des cibles pour attaquer M. Biden. Tout poste vacant donnerait au président la capacité de façonner l’avenir de la puissante cour, qui est actuellement divisée 5 à 4 entre conservateurs et libéraux.

Cependant, toute liste peut également être dénuée de sens. La capacité d’un candidat ou de l’autre à faire confirmer son candidat ou sa candidate dépend de la majorité au Sénat, qui confirme les candidats. Les républicains y détiennent actuellement 53 sièges, contre 45 pour les démocrates, avec deux indépendants qui se réunissent avec les démocrates.

M. Trump a publié deux listes de candidats potentiels à la Cour suprême lors de sa précédente campagne présidentielle, une avec 11 noms en mai 2016 et une autre avec dix noms en septembre. Le juge Neil Gorsuch, le premier candidat de M. Trump à la cour, figurait sur la deuxième liste. Le juge Brett Kavanaugh, son deuxième candidat, était l’une des cinq personnes ajoutées à la liste de M. Trump en 2017.

Parmi les personnes qui restent sur la liste de M. Trump, six sont des femmes. On y retrouve aussi plusieurs minorités, dont Amul Thapar, qui est d’origine sud-asiatique. L’ancien juge de la Cour suprême du Michigan, Robert Young, qui est noir, et Federico Moreno, un juge fédéral hispanique de Floride, sont également sur cette liste, bien que leur âge en fasse des candidats improbables.

M. Trump a récemment déclaré que le vainqueur de l’élection présidentielle de novembre «pourrait avoir entre deux et quatre, voire cinq» juges de la Cour suprême à choisir en raison de l’âge des neuf juges actuels. Il avait tenu des propos semblables en 2016.

Les membres les plus âgés de la cour sont la juge Ruth Bader Ginsburg, 87 ans, et le juge Stephen Breyer, 82 ans, tous deux libéraux, et deux conservateurs, les juges Clarence Thomas (72 ans) et Samuel Alito (70 ans). Mme Ginsburg a fait la une des journaux cet été lorsqu’elle a annoncé qu’elle était traitée pour une récidive du cancer, mais qu’elle n’avait pas l’intention de démissionner.

M. Biden, pour sa part, n’a pas publié de liste de personnes spécifiques qu’il nommerait, mais sa promesse de nommer une femme noire à la cour s’il en a l’occasion restreint le champ à bien des égards. M. Biden a déclaré fin juin que le travail sur sa liste était en cours.

«Nous sommes en train de dresser une liste d’un groupe de femmes afro-américaines qui sont qualifiées et ont l’expérience pour siéger au tribunal. Je ne publierai pas ça tant que la vérification de leur candidature n’aura pas progressé davantage», a-t-il déclaré.

Quel que soit le parti, les présidents ont tendance à rechercher les mêmes caractéristiques dans leurs choix potentiels de juges pour la Cour suprême.

Des références juridiques stellaires sont indispensables. Tous les juges actuels ont fréquenté la faculté de droit de Harvard ou de Yale, bien que Mme Ginsburg ait quitté Harvard et soit diplômée de Columbia. Tous, sauf la juge Elena Kagan, ont également été d’abord juges à une cour d’appel fédérale. Et ils ont tendance à être assez vieux pour avoir une carrière juridique distinguée, mais assez jeunes pour servir pendant des décennies. Cela signifie généralement que les candidats sont dans la quarantaine ou la cinquantaine.

Plus récemment, les candidats ont également déjà été greffiers pour un juge de la Cour suprême, un premier signe d’intelligence juridique. Cinq des juges actuels étaient auparavant greffiers à la Cour suprême.

L’âge est un facteur qui restreint les choix de M. Biden. Seules cinq femmes noires sont juges dans les cours d’appel fédérales du pays, et chacune a 68 ans ou plus cette année, selon une base de données du Centre judiciaire fédéral.

M. Biden devra presque certainement trouver une personne ayant une expérience juridique dans un autre tribunal. Une option: la juge Ketanji Brown Jackson, du tribunal de district fédéral de Washington, D.C.

Mme Jackson, qui fête ses 50 ans cette année, a fréquenté la faculté de droit de Harvard et aurait été envisagée par le président Barack Obama en 2016 après le décès du juge Antonin Scalia.

Un autre choix évident: la juge Leondra Kruger, qui siège à la Cour suprême de Californie. Diplômée de la faculté de droit de Yale, elle a 44 ans. Les deux femmes ont également été greffières à la Cour suprême.

Jessica Gresko, The Associated Press

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