Trump relance ses allégations de fraude malgré le début de la transition

WASHINGTON — Lundi dernier, on pouvait penser que Donald Trump arrêterait de remettre en doute les résultats de l’élection présidentielle. Le gouvernement fédéral venait de reconnaître le président désigné Joe Biden comme le «vainqueur apparent» du scrutin et M. Trump avait ouvert la voie à la coopération pour une transition des pouvoirs.

Mais ses allégations sans fondement ont trouvé le moyen de revenir. Et de revenir encore.

Mercredi, M. Trump a fait une apparition par téléphone à une rencontre entre les républicains de la Pennsylvanie — un événement orchestré par sa campagne — pour répéter une fois de plus que l’élection lui avait été volée.

«Cette élection était truquée et nous ne pouvons pas laisser cela arriver», a-t-il soutenu, n’offrant aucune preuve.

Le président Trump ne veut tout simplement pas mettre l’élection présidentielle de 2020 derrière lui. Malgré des dizaines de revers juridiques et procéduraux, sa campagne continue de déposer de nouvelles actions en justice et de lancer de nouvelles allégations de fraude non fondées.

Mais c’est le but. La stratégie de M. Trump, concèdent ses alliés en privé, n’est pas de changer le résultat, mais de créer une foule d’affirmations fantômes sur la course présidentielle de 2020 qui instilleront le doute au pays et qui garderont sa base mobilisée.

«Les zombies sont des morts qui marchent parmi les vivants — ce litige est la même chose», a illustré Franita Tolson, professeure à l’école de droit Gould de l’Université de la Californie du Sud. «En termes de litige qui pourrait changer l’élection, tous ces cas sont essentiellement des hommes morts qui marchent.»

C’est une stratégie tolérée par de nombreux républicains, qui s’accrochent à M. Trump alors qu’ils tentent de conserver leur pouvoir au Sénat à l’occasion du second tour des élections sénatoriales en Géorgie.

«C’est vraiment notre version d’un coup d’État poli», a indiqué Thomas Mann, chercheur principal à l’Institute of Governmental Studies de l’Université de la Californie à Berkeley.

«Cela pourrait se terminer rapidement si le Parti républicain reconnaissait ce qui se passait. Mais ils tremblent face au lien que M. Trump entretient avec la base.»

Un jour après que M. Trump eut annoncé que l’administration commencerait à travailler avec l’équipe de Joe Biden, trois autres poursuites ont été intentées par des alliés pour tenter de bloquer la certification dans deux autres États clés. Au Minnesota, un juge ne s’est pas prononcé sur la poursuite et l’État a certifié les résultats pour Joe Biden. Une autre a été déposée dans le Wisconsin, qui ne certifie le résultat que mardi. Les républicains de l’Arizona ont déposé une plainte concernant l’inspection des bulletins de vote et la certification d’État doit se faire lundi.

Et l’équipe juridique de la campagne a déclaré que les élus de l’Arizona et du Michigan tiendraient des réunions sur l’élection «pour s’assurer que tous les votes légaux aient été comptés et que les votes illégaux n’aient pas été comptés lors des élections du 3 novembre».

En Pennsylvanie, où les élus républicains de l’État se sont réunis à Gettysburg mercredi pour exprimer leurs doléances au sujet de l’élection, l’avocat de M. Trump, Rudy Giuliani, était présent en personne et le président Trump a téléphoné depuis le bureau ovale.

«Nous avons toutes les preuves», a assuré M. Trump. «Tout ce dont nous avons besoin, c’est qu’un juge les écoute correctement sans avoir d’opinion politique.»

Mais le revers juridique le plus fort à ce jour est venu d’un juge républicain conservateur devant un tribunal fédéral de la Pennsylvanie, qui a rejeté samedi la poursuite de l’équipe Trump, qui cherchait à rejeter les résultats de l’élection. Dans une décision cinglante, le juge a reproché à la campagne Trump son manque de preuves. La campagne a fait appel.

Les alliés de Donald Trump ont reconnu en privé que leur stratégie ne renverserait jamais les résultats, mais elle pourrait offrir une porte de sortie au président dans une défaite qu’il n’a pas reconnue, et cela pourrait mobiliser sa base pour ce qui l’attend par la suite.

«Et puis, notre gouvernement et notre politique seront infernaux, car il continuera à faire ce qu’il fait de son propre perchoir», a prédit M. Mann.

L’Administration des services généraux a établi lundi que le président élu Joe Biden était le «vainqueur apparent» du scrutin, une étape procédurale, mais critique qui a permis à la transition de commencer sérieusement. Mme Murphy, a pris la décision après l’échec des efforts de l’équipe Trump pour renverser les résultats dans des États stratégiques.

Le Michigan a certifié la victoire de Joe Biden, lundi, malgré les demandes de M. Trump aux républicains pour qu’ils bloquent le vote afin de permettre un audit des bulletins de vote dans le comté de Wayne, où le président Trump dit avoir été victime de fraude. M. Biden a remporté ce comté par pus de 330 000 voix.

«Le devoir du comité aujourd’hui est très clair, a déclaré Aaron Van Langevelde, vice-président républicain. Nous avons le devoir de certifier ce choix sur la base de ces résultats.»

Pourtant, l’équipe juridique de Donald Trump a parlé de la certification comme étant «simplement une étape procédurale» et a promis de continuer de se battre. 

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