Trump veut faciliter l’achat de médicaments à l’étranger pour les Américains

WASHINGTON — L’administration de Donald Trump, désireuse de montrer des progrès sur le coût des médicaments d’ordonnance, a fait avancer mercredi son plan visant à permettre aux Américains d’accéder à des médicaments moins chers à l’étranger — comme au Canada.

Mais il est peu probable que les patients américains voient rapidement un changement, même dans des États, comme la Floride, qui poursuivent leur propre plan. Pendant ce temps, un important projet de loi visant à réduire les coûts pour les personnes âgées s’est enlisé dans un Congrès absorbé par le processus de destitution du président.

Les responsables de la santé à Washington ont dévoilé un projet de règlement qui permettrait aux États d’importer de nombreux médicaments d’origine du Canada, sous la surveillance du gouvernement fédéral. Un deuxième projet de plan permettrait aux sociétés pharmaceutiques de demander l’autorisation d’importer leurs propres médicaments, de n’importe quel pays.

On ne sait pas si l’une ou l’autre voie sera adoptée avant les élections de 2020, mais l’administration Trump est déjà allée plus loin que ses prédécesseurs dans ce dossier.

Les médicaments coûtent moins cher dans d’autres pays développés parce que les gouvernements jouent un rôle actif dans la fixation des prix. Beaucoup d’Américains achètent déjà au moins certains de leurs médicaments dans des pharmacies au Canada ou au Mexique, bien qu’il soit techniquement illégal de les importer.

L’idée d’autoriser l’importation circule depuis des années, mais les tentatives précédentes ont été bloquées par les pressions de l’industrie pharmaceutique et les préoccupations en matière de sécurité. Or, Donald Trump est un critique implacable des prix fixés par l’industrie, et les élus des deux principaux partis politiques, mais en particulier les démocrates, ont également mis tout leur poids dans ce dossier.

Certains observateurs au Canada craignent que ce phénomène de l’achat de médicaments par les Américains crée des pénuries — artificielles ou réelles — de certains médicaments courants ou pousse les prix à la hausse. Des pharmaciens canadiens se sont montrés préoccupés cette année par la situation, qui touche particulièrement les villes frontalières.