Tuerie de La Loche en Saskatchewan: 10 ans de prison ferme pour le tireur

MEADOW LAKE, Sask. — L’adolescent qui avait fait quatre morts dans deux fusillades en janvier 2016 à La Loche, dans le nord de la Saskatchewan, a été condamné mardi à la prison à vie sans possibilité de libération avant 10 ans.

L’assassin, qui est aujourd’hui âgé de 20 ans, était à quelques semaines de son 18e anniversaire de naissance lorsqu’il a commis le carnage; en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, il ne peut donc être identifié.

L’adolescent avait tué par balle Dayne et Drayden Fontaine, deux frères âgés de 17 et de 13 ans, dans une résidence de la petite localité de La Loche. Il s’était ensuite rendu à l’école du village, où il avait assassiné deux enseignants et blessé sept autres personnes. L’accusé avait plaidé coupable en octobre 2016 à deux chefs de meurtre au premier degré, deux chefs de meurtre au deuxième degré et sept chefs de tentative de meurtre.

Le jeune homme a soutenu devant le tribunal mardi qu’il ne pouvait malheureusement «défaire ce qui avait été fait». Se tournant vers les membres de sa famille, il leur a offert ses excuses.

En prononçant la peine, mardi, la juge Janet McIvor, de la Cour provinciale de la Saskatchewan, a expliqué qu’elle avait tenu compte des remords exprimés par l’accusé et de sa reconnaissance de culpabilité, qui évite aux familles des victimes la douleur d’un procès. La juge a laissé tomber que ce sera maintenant à la Commission des libérations conditionnelles de déterminer si l’inculpé peut réintégrer la société — et à quel moment. Elle a toutefois prévenu que le jeune homme avait «encore un très, très, très long chemin à parcourir».

La juge McIvor a par ailleurs rappelé mardi que depuis la tragédie, les enseignants ne se bousculaient pas pour aller s’installer à La Loche. Les taux de toxicomanie et de suicides sont aussi à la hausse dans cette localité nordique située à 600 kilomètres au nord de Saskatoon.

La juge a aussi souligné que les élèves qui avaient subi un traumatisme en janvier 2016 n’ont pas obtenu ensuite le soutien psychologique voulu. «Ils ont été abandonnés à leur sort, on les a laissés tomber», a déploré la magistrate, qui siégeait mardi au palais de justice de Meadow Lake, à quelque 350 kilomètres au sud de La Loche.