Tuerie en N.-É.: la conjointe du tueur évoque la violence conjugale

HALIFAX — La conjointe de l’auteur de la tuerie qui a fait 22 morts en Nouvelle-Écosse souhaite que la police améliore la formation des policiers et la gestion des cas de violence conjugale.

Jessica Zita, une avocate qui représente Lisa Banfield, a déclaré jeudi à la commission d’enquête fédérale-provinciale sur la tuerie du printemps 2020 que la police n’avait pas pu protéger les citoyens en ne donnant pas suite à des allégations de violence qui avaient visé le tueur.

Selon elle, la police aurait dû déterminer que le tireur présentait un risque élevé de causer des violences importantes compte tenu de son «historique alarmant».

Me Zita a souligné aux commissaires que certaines de ces allégations remontaient à plusieurs années.

Bien avant que Gabriel Wortman ne tue 22 personnes en avril 2020, il avait agressé un adolescent en 2001, il avait menacé de tuer ses parents en 2010, et l’année suivante, il a confié à quelqu’un qu’il voulait «tuer un flic».

Une de ses anciennes voisines, Brenda Forbes, a raconté qu’elle avait prévenu la police que Wortman avait cloué Mme Banfield au sol, en juillet 2013, mais rien n’a été fait à ce sujet, a-t-elle dit.

L’avocate de Mme Banfield a indiqué jeudi que la police devrait mettre à jour ses procédures et sa formation, afin d’être mieux équipée pour identifier les «circonstances à risque élevé» et intervenir dans les cas de violence conjugale.

«Les policiers devraient respecter et responsabiliser les victimes de violence conjugale, y compris celles qui sont réticentes et ambivalentes, a déclaré Me Zita. Les policiers devraient être formés sur le contrôle coercitif et sur la façon dont il se manifeste.»

Erin Breen, qui représente les organismes «Women’s Legal Education and Action Fund», «Avalon Sexual Assault Center» et «Wellness Within», a déclaré aux commissaires que les données montrent une forte corrélation entre les auteurs de tueries et les antécédents de violence sexiste.

Lisa Banfield a témoigné à l’enquête que Wortman l’avait agressée et menacée avec des armes à de nombreuses reprises tout au long de leur liaison de 19 ans. Des entrevues d’enquête ont également révélé que Wortman avait été violent avec sa première conjointe.

«C’est donc à nos risques et périls que nous, en tant que société, nous accrochons à des préjugés et à des stéréotypes non informés pour rejeter la violence sexiste comme une affaire strictement privée, qui ne nous affecte pas personnellement», a déclaré Mme Breen jeudi.

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.