Tuerie en Nouvelle-Écosse: 3 personnes accusées d’avoir fourni des munitions

HALIFAX — Trois personnes, dont l’ex-compagne du tueur, ont été accusées d’avoir fourni des munitions au tireur qui a abattu 22 personnes lors de la fusillade de masse des 18 et 19 avril en Nouvelle-Écosse.

Selon la GRC, James Blair Banfield, Lisa Banfield et Brian Brewster, respectivement âgés de 64, de 52 et de 60 ans, sont accusés d’avoir transféré illégalement des munitions, en l’occurrence des cartouches Remington de calibre .223 et des cartouches Smith et Wesson de calibre .40.

Lisa Banfield est inscrite sur les documents d’homologation du tribunal en tant que conjointe de fait du tireur, Gabriel Wortman, qui a été tué par la police le 19 avril au terme d’une chasse à l’homme.

La police affirme que les délits se sont produits entre le 17 et le 18 mars, mais les personnes accusées «n’avaient aucune connaissance préalable des actions du tireur».

La tuerie a commencé dans la nuit du 18 avril, après que Gabriel Wortman a agressé sa conjointe de fait dans sa résidence du village de Portapique.

La police a confirmé que le tueur, qui s’était déguisé en gendarme et conduisait une réplique d’un véhicule de la GRC, avait en sa possession deux armes de poing semi-automatiques et deux fusils semi-automatiques lorsqu’il a incendié des propriétés et tué 13 personnes dans le secteur du village.

Il a tué neuf autres personnes le lendemain dans plusieurs autres collectivités du nord et du centre de la Nouvelle-Écosse avant d’être abattu par un agent de la GRC dans une station-service à Enfield, à environ 90 kilomètres au sud de Portapique.

Les victimes de Gabriel Wortman comprennent un agent de la GRC, deux infirmières, deux agents correctionnels, une famille de trois personnes, un enseignant et certains de ses voisins à Portapique.

«Les enquêteurs ont déterminé que les munitions avaient été achetées et fait l’objet de trafic en Nouvelle‑Écosse», peut-on lire dans un communiqué publié par la GRC.

Le communiqué de presse indique également que les personnes inculpées, qui résident en Nouvelle-Écosse, ont coopéré avec la police dans le cadre de l’enquête. Ils doivent comparaître devant en cour provinciale, à Dartmouth, le 27 janvier.

Nick Beaton, dont la femme Kristen a été tuée dans la fusillade avec leur enfant à naître, a déclaré qu’il était heureux d’apprendre que l’enquête continuait.

«Je suis content qu’ils fassent leur travail et qu’ils enquêtent toujours», a-t-il déclaré lors d’un entretien téléphonique vendredi.

Une porte-parole de la GRC a refusé de commenter davantage le lien que Gabrielle Wortman entretenait avec les personnes inculpées.

«Nous nous abstiendrons de formuler tout autre commentaire, sinon dans le cadre de la commission d’enquête, à laquelle nous comptons participer pleinement et de façon impartiale», indique le communiqué.

L’avocat de Lisa Banfield, Peter Rumscheidt, a également refusé de commenter.

Les gouvernements provincial et fédéral ont lancé une enquête publique conjointe qui examinera, entre autres, la réaction de la GRC à la tuerie.

Selon des documents judiciaires, la conjointe de Gabriel Wortman a déclaré à la police après la fusillade que le tueur avait des antécédents de violence. En 2016, il aurait notamment frappé la tête de son père contre une piscine pendant des vacances en famille dans les Caraïbes.

Par ailleurs, Lisa Banfield poursuit la succession du denturologiste de Dartmouth, affirmant qu’elle et Gabriel Wortman se trouvaient ensemble dans sa propriété de Portapique, en Nouvelle-Écosse, dans la nuit du 18 avril et qu’elle avait été victime  «d’une agression et de voies de fait perpétrées contre elle par M. Wortman. »

Elle a également allégué dans le document du tribunal du 12 août qu’elle avait été détenue contre son gré par son ex-conjoint et qu’elle avait subi «des souffrances mentales intentionnelles» cette nuit-là.

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