Tuerie en Nouvelle-Écosse: le premier ministre défend le format de l’enquête

HALIFAX — Sous le feu des critiques pour la façon dont se déroulera l’enquête sur la tuerie du mois d’avril en Nouvelle-Écosse, le premier ministre Stephen McNeil a déclaré vendredi que si le comité d’examen avait besoin de pouvoirs supplémentaires, il pourrait en faire la demande à son gouvernement.

Le chef libéral a répondu aux critiques des familles, des partis de l’opposition, de juristes et de groupes féministes concernant le format choisi pour l’enquête sur le massacre qui a provoqué la mort de 22 personnes les 18 et 19 avril dans le centre et le nord de la Nouvelle-Écosse.

Les critiques estiment que les autorités provinciales et fédérales auraient dû ordonner une enquête publique comprenant des audiences publiques et ayant le pouvoir de contraindre des personnes à témoigner sous serment.

Sandra McCulloch, une avocate qui représente les familles de 21 victimes dans une poursuite intentée contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a déclaré que le processus d’examen annoncé jeudi était «totalement insuffisant pour atteindre les objectifs de fournir des réponses complètes et transparentes aux familles et au public».

En juin, le premier ministre McNeil avait estimé que la future commission d’enquête devait pouvoir contraindre des témoins à témoigner sous serment. Mais il se porte maintenant à la défense du format d’enquête annoncé, qui n’a pas cette prérogative.

Devant les journalistes, vendredi, il a estimé que le comité d’examen dans sa forme actuelle serait suffisant et que si cela s’avérait nécessaire, les membres du comité pourraient demander l’aide de son gouvernement.

Le groupe d’experts sera dirigé par l’ancien juge en chef de la Nouvelle-Écosse Michael MacDonald, qui sera secondé par Anne McLellan, ancienne ministre libérale fédérale de la Justice et de la Sécurité publique, et par Leanne Fitch, qui a déjà été cheffe de la police de Fredericton, dans la province voisine.

La GRC s’engage à participer

Les membres du comité «croient que cela leur permettra d’obtenir les réponses cruciales que ces familles veulent», a affirmé M. McNeil. «Et j’ai dit très clairement que s’ils arrivent à un point où ils ont besoin de plus de pouvoir, et ont besoin de plus de soutien pour pouvoir obtenir ces réponses, qu’ils s’adressent à notre gouvernement et nous y répondrons.»

Il a toutefois précisé que son gouvernement ne pouvait intervenir que «sur les institutions de nature provinciale».

La GRC et l’Agence des services frontaliers du Canada, par exemple, sont de compétence fédérale. Mais M. McNeil a souligné vendredi que ces deux agences s’étaient engagées à participer pleinement au processus.

Le premier ministre s’est dit persuadé que les familles des victimes auraient des réponses à leurs questions.

«Quelle était la relation entre l’agresseur et la GRC? Quelle a été la réaction des forces de l’ordre ce soir-là? (…) Quel rôle a joué la violence fondée sur le genre? Ce sont des questions mentionnées dans le mandat», a assuré M. McNeil.

Selon la police, Gabriel Wortman a amorcé sa cavale meurtrière après avoir agressé sa compagne à Portapique, le soir du 18 avril. Il a ensuite arpenté le centre et le nord de la Nouvelle-Écosse, notamment en utilisant une réplique d’une voiture de police et un uniforme de la GRC. Il a tué sur son passage 22 personnes, avant d’être abattu par un policier le lendemain matin.

Des proches des victimes réclamaient une enquête publique pour examiner de façon détaillée l’intervention de GRC dans cette affaire.

Le comité doit achever son rapport intermédiaire d’ici le 28 février et remettre son rapport final le 31 août 2021. Le travail du comité sera financé à parts égales par les deux ordres de gouvernements.

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